La constipation de l’enfant
La constipation, à l’inverse de la diarrhée, est définie par des selles trop peu fréquentes et/ou dures. Elle est le plus souvent fonctionnelle : causée par un régime pauvre en fibres, un changement d’habitudes (rythme, alimentation), une position allongée prolongée ou un traitement ponctuel favorisant la constipation. Plus rarement la constipation peut être due à des anomalies du tube digestif ou à d’autres maladies plus générales.
Chez l’enfant s’ajoutent les grandes étapes de la vie de l’enfant comme la fin de l’allaitement maternel, l’apprentissage de la propreté ou encore l’entrée à l’école qui peuvent venir perturber son transit.
Chez l’adulte, on considère un transit normal lorsque la fréquence des selles est comprise entre deux fois par jour et une fois tous les trois jours. Chez les bébés et les enfants, il est difficile d’établir une définition de la constipation par le nombre de selles car ce chiffre varie entre un nourrisson allaité au lait maternel, qui peut avoir d’une selle après chaque tété à une selle par semaine sans que ce soit pathologique, un nourrisson nourrit au lait artificiel et un enfant diversifié.
À titre de repère, chez le bébé de plus de 6 mois, la fréquence des selles est généralement d’une selle non dure par jour. Chez l’enfant, la fréquence des selles devrait être de 3 fois par semaine minimum. On considère que l’enfant est constipé lorsqu’il éprouve des difficultés à aller à la selle, que ses selles sont trop rares et dures.
Si votre enfant ne va pas à la selle aussi fréquemment qu’à son habitude mais qu’il ne montre aucun signe d’alarme comme une douleur ou des vomissements il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La fréquence des selles peut varier transitoirement, notamment en fonction des habitudes alimentaires et de l'activité physique.
Comment éviter la constipation chez l’enfant ?
Les tentatives d’apprentissage de la propreté trop tôt peuvent conduire à la constipation, c’est pourquoi les médecins recommandent de ne pas se précipiter, Cela, peut être source de stress pour l'enfant. Invitez votre enfant petit à petit à utiliser le pot après les repas, sans pour autant en faire une obligation. Certains enfants seront prêts à 2 ans tandis que d’autres ne le seront qu’à 4 ans.
Quelques bonnes habitudes hygiéno-diététiques réduiront les risques de constipation :
De bonnes habitudes alimentaires : une alimentation équilibrée comprenant des fruits, des légumes et des aliments riches en fibres ;
Une bonne hydratation : invitez votre enfant à boire régulièrement, en évitant les heures préalables au coucher ;
Une activité physique régulière : l’activité physique favorise le transit intestinal.
S’il est prêt, proposez à votre enfant d’aller aux toilettes chaque jour après le repas à une heure régulière en l’incitant à rester quelques minutes aux toilettes, pour habituer son organisme à cet horaire ;
Si votre enfant ne touche pas encore le sol avec ses pieds, ajoutez un marchepied et un réducteur de lunette de toilettes afin qu’il y soit stable ;
Prenez le temps d’expliquer à votre enfant que la défécation n’est pas quelque chose de sale mais tout à fait naturel. Évitez alors toute réflexion déplacée vis-à-vis des odeurs, du temps passé aux toilettes, etc. pour ne pas le rendre mal à l'aise et qu’il n’hésite jamais à y aller lorsqu’il en a envie.
Lisez des livres adaptés aux tout-petits sur le sujet : ils sont souvent amusants et éducatifs.
Comment soulager la constipation d’un enfant ?
Lorsque vous constatez des difficultés à émettre les selles chez votre nourrisson, vous pouvez utiliser une eau riche en magnésium qui améliore le transit intestinal. Ajoutez celle-ci à la préparation des biberons de lait ou, si vous allaitez votre bébé, dans un biberon entre les tétés. Pour soulager son transit, vous pouvez aussi masser le ventre d’un bébé dans le sens des aiguilles d’une montre lorsqu’il est allongé sur le dos ou en lui remontant les jambes pliées sur l’abdomen. C’est une posture qui l’aidera à faire stimuler le transit.
Lorsque l’enfant commence la diversification alimentaire, vous pouvez compléter l’apport en fibres alimentaires avec des jus de fruits, type jus de pruneau, de poire ou de pomme sans sucre ajouté, à la cuillère ou au biberon. Evitez de répéter les repas à base de riz, patate carotte ou bananes. Privilégiez les épinards, courgettes poireaux...
En cas de constipation plus inquiétante et sur conseil de son médecin traitant, des suppositoires ou autre traitement sont disponibles pour aider rapidement le nourrisson ou l’enfant.
Certains gestes sont à formellement proscrire si votre bébé ou votre enfant est constipé :
- Ne lui donnez pas de laxatif ou tout autre traitement sans l’avis d’un médecin ;
- N’utilisez pas de thermomètre ou autre pour faciliter l’exonération des selles car cela peut blesser l’anus de l’enfant.
Des selles rares chez le nourrisson allaité, est-il constipé ?
Le transit intestinal des nouveau-nés allaités connaît des variations : il est tout à fait courant que certains enfants allaités aient des selles rares espacées de quelques jours à un mois, sans pour autant qu’il ne soit constipé. Il doit par contre uriner chaque jour. Ne vous inquiétez pas si son transit était régulé quotidiennement et que, brusquement, la fréquence des selles diminue. Ce phénomène arrive généralement après les 4 à 6 premières semaines du nourrisson. Assurez-vous simplement que votre enfant a une croissance et un état général normal, qu’il ne présente pas de symptômes comme des douleurs, des vomissements ou des ballonnements.
Si l’un de ces symptômes est présent, il faut en revanche en parler à votre médecin ou pédiatre.
Quand consulter si mon enfant est constipé ?
Voici les signes d'alertes de la constipation chez l'enfant :
Douleurs abdominales importantes : votre enfant se plaint régulièrement d’avoir mal au ventre, son abdomen est tendu, dur ou gonflé ;
Présence de sang dans les selles ou sur le papier toilette : cela peut être le signe d’une fissure anale causée par des selles très dures ou d’un trouble digestif nécessitant un examen ;
Refus systématique d’aller à la selle : l’enfant retient volontairement ses selles par peur d’avoir mal, ce qui peut aggraver la constipation ;
Vomissements, fièvre ou perte d’appétit : ces signes associés doivent faire penser à une autre pathologie ;
Perte de poids, fatigue, ou arrêt de croissance : en cas de constipation persistante, ces signes peuvent refléter une cause organique telle qu’une maladie cœliaque ou une hypothyroïdie ;
Fuites de selles dans les sous-vêtements (encoprésie) : cela peut révéler une constipation chronique avec débordement, notamment chez les enfants d’âge scolaire.
Si l’un ou plusieurs de ces symptômes sont présents, il est important de consulter rapidement votre médecin traitant ou votre pédiatre. Si ces derniers ne sont pas disponibles vous pouvez également échanger avec un médecin généraliste ou un pédiatre en téléconsultation sur Livi.
Si votre enfant souffre d’une constipation passagère sans autre symptôme, il s’agit probablement d’un épisode bénin que vous pouvez soulager avec les recommandations précédentes. Mais en cas de doute, n’hésitez pas à demander conseil à un pédiatre ou à un médecin généraliste.
En revanche, si la constipation dure depuis plusieurs jours malgré l’application de mesures hygiéno-diététiques, que l’enfant pleure et souffre au moment de la défécation, que son ventre est gonflé et dur et que vous trouvez du sang sur le papier toilette après un passage aux toilettes, consultez un médecin.
Emmenez votre enfant voir un professionnel de santé dans la journée si ses selles sont mélangées à du sang, qu’il a de la fièvre, des nausées et une perte d’appétit. Soyez attentif également à la fréquence à laquelle il urine : le manque d’évacuation des selles peut favoriser une infection urinaire.
Si votre enfant souffre beaucoup, qu’il vomit à répétition et que son ventre est tendu, gonflé et douloureux, il doit voir un médecin rapidement. N’hésitez jamais à contacter le 15 ou le 112.
Que donner à manger à un enfant constipé ?
L’alimentation est le premier facteur qui influence la fréquence des selles. Voici quelques règles hygiéno-diététiques qui peuvent être intégrées au quotidien pour améliorer le transit intestinal de votre enfant :
Chez l’enfant de moins de 3 ans
Jusqu’à l’âge de 6 mois, l’allaitement maternel ou artificiel suffit à couvrir les besoins de l’enfant. Entre 4 et 6 mois débute la diversification alimentaire qui se terminera vers l'âge d’un an.
Si vous constatez des phases de constipation chez votre bébé pendant l’allaitement artificiel, veillez dans un premier temps à bien vérifier que vous appliquez les doses de lait en poudre et d’eau recommandées. L’excès de poudre favorise la constipation. Nos médecins généralistes ont réalisé un guide pour vous aider à choisir le lait infantile de votre enfant. Ils peuvent vous aider à orienter ce choix en fonction des troubles du transit de votre enfant.
Si votre enfant a déjà terminé la diversification des aliments, veillez à ce qu’il mange de façon équilibrée. Donnez-lui au moins 3 fois par jour des fruits et légumes. Préférez des aliments riches en fibres qui favorisent le transit intestinal comme des céréales complètes, des légumes verts, les légumes secs (lentilles, pois chiches...) ... Demandez des conseils au pédiatre de votre enfant ou à son médecin traitant.
Chez l’enfant de plus de 3 ans
Dans un premier temps, ne négligez pas l’hydratation de votre enfant. Avec de l’eau principalement mais aussi grâce à des jus de fruits frais pressés ou des potages car les fruits et légumes favorisent le transit intestinal.
Les recommandations alimentaires restent les mêmes que pour l’enfant de moins de trois ans : l’objectif est de favoriser l’absorption d’aliments riches en fibres. Les médecins recommandent également de définir des horaires de déjeuners et dîners stables pour éviter les grignotages d’aliments riches en graisse et trop sucrés.
Massage pour bébé constipé : méthode étape par étape
Le massage du ventre est une méthode simple et douce qui peut aider à soulager la constipation chez le nourrisson. Il favorise la détente, stimule le transit intestinal et peut apaiser les inconforts digestifs.
Voici une méthode de massage à réaliser en toute sécurité, à la maison :
Avant de commencer
-Choisissez un moment calme, idéalement entre deux repas ;
-Assurez-vous que votre bébé est détendu (évitez s’il pleure ou est agité) ;
-Allongez-le sur le dos, sur une surface confortable et tiède (tapis à langer, serviette douce) ;
-Réchauffez vos mains avec un peu d’huile végétale neutre (amande douce ou tournesol) et testée sur une petite zone de sa peau si c’est la première fois.
Étapes du massage
1. Mouvements circulaires
Posez vos doigts autour du nombril et effectuez de petits cercles dans le sens des aiguilles d’une montre. Ce mouvement suit le sens naturel du côlon et aide à relancer le transit.
2. Le I-L-U: “I Love You”
Dessinez lentement avec la pulpe des doigts :
a) Un I le long du côté gauche du ventre (côté descendant du côlon) ;
b) Un L inversé partant du haut du ventre à droite jusqu’à gauche, puis descendant le long du flanc gauche ;
c) Un U à l’envers, partant du bas droit, remontant à droite, traversant le haut du ventre, puis descendant à gauche.
Ce massage suit le trajet intestinal complet.
3. Flexion des jambes
Remontez doucement les jambes du bébé vers son ventre en pliant les genoux, maintenez quelques secondes, puis relâchez. Répétez plusieurs fois. Cela peut faciliter l’évacuation des gaz ou des selles.
4. Massage en bicyclette
Alternez les jambes comme si votre bébé pédalait, sans forcer. Ce mouvement détend le bas-ventre et stimule l’activité intestinale.
Quelques précautions
Ne massez jamais un ventre très gonflé ou douloureux sans avis médical ;
Évitez le massage après une vaccination ou s’il présente de la fièvre ;
Si votre bébé semble mal à l’aise ou pleure, stoppez le massage.
Répétez ce massage une à deux fois par jour en période de constipation légère. Si les symptômes persistent ou s’aggravent, consultez votre médecin ou un pédiatre.