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Grossesse tardive : quels sont les risques ?

Grossesse tardive : quels sont les risques ?

Grossesse tardive
Dernière mise à jour le:
dim. 26 sept. 2021
La grossesse après 40 ans vous inquiète ? Les médecins Livi spécialisés en gynécologie et obstétrique répondent à vos questions sur le sujet.

De plus en plus de femmes fondent une famille tardivement, et l’âge moyen pour une première grossesse en Europe est aujourd’hui de 29-30 ans. Nombreuses sont celles qui s’interrogent sur l’âge optimal pour tomber enceinte et sur les implications d’une grossesse tardive.

Les médecins Livi conseillent de s’informer sur les risques potentiels et leurs moyens de prévention. Mais ils insistent également sur le fait que s'informer ne doit pas vouloir dire s’inquiéter, dans la mesure où heureusement la plupart des grossesses se passent bien, même après 40 ans. En effet, si vous êtes en bonne santé, il est fort probable que votre grossesse se passe bien et que votre bébé naisse lui aussi en bonne santé. Il est par ailleurs normal de ne jamais vraiment se sentir prêt à devenir parent.

Qu’advient-il du corps et de la fécondité au fil de l’âge ?

Les ovaires se forment au stade embryonnaire et les femmes naissent avec un nombre prédéterminé d’ovules. Ces ovules sont au repos jusqu’à la puberté, puis utilisés jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. La qualité des ovules se dégrade au fil du temps, mais l’ampleur de ce phénomène varie d’une personne à l’autre. Certaines femmes tombent facilement enceintes à 40 ans tandis que d’autres ont plus de mal dès l’âge de 30 ans. Chez la femme la tendance générale reste une fertilité spontanée qui diminue dès 30 ans et nettement après 37 ans, en raison d’une diminution du nombre et de la qualité des ovocytes.

Le risque de ne pas tomber enceinte spontanément augmente donc avec l'âge de la façon suivante :

  • 4 % à 20 ans,
  • 14 % à 35 ans,
  • 35 % à 40 ans,
  • 80 % après 45 ans.

Quelles sont les principales causes d'infertilité?

Chez la femme

On connaît aujourd’hui la plupart des causes d’infertilité chez la femme. 20% des cas avérés d’infertilité féminine sont dus à des anomalies de l’ovulation, qu’elles se traduisent par une absence totale d’ovulation, ou par une mauvaise qualité de l’ovocyte. Ces troubles de l'ovulation sont d'origine multiple : il peut s’agir d’insuffisance ovarienne prématurée ou liée à l’âge, ou d’un dérèglement hormonal comme dans le cas du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). L’infertilité peut également résulter de troubles mécaniques : l’obstruction des trompes de Fallope liée à une infection, anomalie d’implantation de l’embryon comme dans l’endométriose, absence d’utérus, malformation du col de l’utérus, ou encore anomalie de la qualité de la glaire cervicale.

Chez l'homme

Mais les problèmes de fécondité peuvent aussi être liés à l’infertilité masculine, en cause à l’heure actuelle dans 30 à 50% des cas. De nombreux facteurs, tels que l'âge et le mode de vie, influent sur la diminution de la fertilité masculine. Le surpoids, l’obésité, l'exposition des testicules à une forte chaleur régulière ou encore la consommation de tabac ou de cannabis sont susceptibles de jouer un rôle négatif à chacune des étapes de la reproduction chez l’homme. En cause : l’altération de la qualité du sperme. Des dysfonctionnements sexuels, comme des troubles de l’érection ou de l’éjaculation, peuvent également être directement responsables d’infécondité ou s’ajouter aux autres causes.

Tous les facteurs d'infertilité masculine ne sont malheureusement pas encore connus, mais l’on distingue deux mécanismes principaux : une diminution du nombre des spermatozoïdes, appelée oligospermie, et un nombre important de spermatozoïdes aux formes anormales, et donc moins performants, appelé tératospermie.

Dans des cas plus rares (1% de la population générale), il y a une absence totale de spermatozoïdes dans le sperme, appelée azoospermie. Elle est due à un dysfonctionnement de la production de spermatozoïdes par les testicules.

Si vous essayez de concevoir depuis un à deux ans sans succès, une consultation médicale devient nécessaire. Cette consultation peut avoir lieu plus tôt, souvent après 6 mois d'essais infructueux, si la femme a plus de 35 ans ou s'il existe une maladie de l'appareil génital connue ou suspectée chez l’un des partenaires. Cette consultation médicale doit se faire en présence des deux membres du couple : vous êtes tous les deux concernés par l'exploration de l'infertilité.

Quels sont les risques d’une grossesse tardive pour la mère ?

Au cours de la grossesse il y a un risque accru d’hypertension artérielle et de diabète. Cette hypertension et ce diabète, dits gestationnels lorsqu’ils surviennent pendant la grossesse, sont systématiquement recherchés par les soignants (médecins ou sage-femmes) chez la femme enceinte. Ce risque est encore augmentée avec l’âge de la femme enceinte. Heureusement, dans la plupart des cas, ces affections sont identifiées à temps et bien traitées ou contrôlées.

Les études réalisées sur les grossesses tardives retrouvent une corrélation entre l’âge et le risque de pré-éclampsie, de naissance prématurée, de bas poids de naissance, de fausse-couche, d’anomalies chromosomiques et d’augmentation de la mortinatalité (les enfants nés sans vie après 6 mois de grossesse). Il faut donc tenir compte de ces risques si l’on envisage une grossesse après 40 ans. Dans le cas d’une fécondation in vitro (FIV), si le recours à un don d’ovocyte est nécessaire, ce qui est plus souvent le cas après 40 ans, le risque d’hypertension et de pré-éclampsie sera augmentée par rapport à une FIV classique.

Par ailleurs, grossesse tardive ou non, il est tout à fait normal de ressentir de l’anxiété à l’idée d’accoucher. Les raisons les plus courantes de ce stress sont la crainte de la douleur ou l’idée qu’il puisse arriver quelque chose au bébé. Cette anxiété a un nom : la tokophobie. Les symptômes peuvent aller de l’angoisse modérée à une détresse sévère. La tokophobie touche 14 % des femmes dans le monde : vous n’êtes pas seule ! Toutes les femmes peuvent un jour y être confrontées et ses conséquences peuvent être importantes, mais, comme toute phobie, cette pathologie peut être traitée.

Au début de la grossesse, si vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à en parler à votre conjoint, vos proches, et à un médecin. Déceler une anxiété et en parler de vive voix permet d’envisager des méthodes de relaxation spécifiques, un suivi psychologique tout au long de la grossesse, ou une intervention adaptée lors de l’accouchement. N’hésitez pas à poser des questions sur tous les sujets qui vous inquiètent : les médecins et sages-femmes sont formés pour y répondre.

Quels sont les risques d’une grossesse tardive pour l’enfant ?

Les principaux risques pour l’enfant dans le cas d’une grossesse tardive sont l’augmentation des fausses couches et celui des anomalies chromosomiques. Ces informations peuvent être stressantes mais sont à relativiser car si le risque de fausse-couche augmente à partir de 30 ans (environ 20%), il reste très peu élevé chez les femmes de 25 à 29 ans (environ 10 %).

Le risque accru de fausse-couche ainsi que les anomalies chromosomiques résultent de la qualité des ovules, qui est moins bonne à mesure que l’âge augmente. Des tests de dépistage vous seront systématiquement proposés pour déterminer ce risque.

Il est préférable de réfléchir à ce qu’un risque élevé d’anomalie impliquerait pour vous avant de faire ces tests. Si vous ne savez pas quels types de tests vont être effectués, ou si vous avez du mal à comprendre ou accepter vos résultats, un médecin pourra vous aider et vous conseiller.

Comment peut-on dépister la trisomie ?

La trisomie 21 est l’une des anomalies chromosomiques les plus fréquentes. Elle concerne environ 1 grossesse sur 400. En France, toutes les femmes ont la possibilité de réaliser un dépistage de la trisomie 21 au cours de leur grossesse. Ce dépistage, pris en charge par l’Assurance Maladie, n’est pas obligatoire. Vous êtes libre de choisir si vous souhaitez ou non le réaliser, et votre consentement écrit sera demandé à chaque étape du dépistage.

Grâce à une échographie et des prises de sang, le dépistage évalue la probabilité que le fœtus ait ou non une trisomie 21. Un diagnostic par analyse des chromosomes du fœtus suite à un prélèvement à travers le ventre, ou amniocentèse, pourra ainsi être proposé uniquement aux femmes chez qui cette probabilité est très élevée.

Habituellement, l'amniocentèse est programmée entre 3 et 3,5 mois de grossesse (soit 15 à 17 semaines d'aménorrhée). Toutefois, on peut la réaliser jusqu'à la fin de la grossesse si nécessaire. Si un dépistage de la trisomie 21 ne vous a pas été proposé avant la fin du premier trimestre de grossesse, il pourra vous être conseillé au cours du quatrième mois.

Quels que soient les résultats de ces tests, il est primordial d’en discuter au sein du couple et avec les médecins qui suivent votre grossesse. Dans tous les cas, quelle que soit la décision prise après la détection d’une trisomie 21, votre choix sera respecté et vous serez accompagné par les professionnels qui vous entourent.

Quel est l’âge idéal pour tomber enceinte ?

Les habitudes ont changé dans le monde occidental et de plus en plus de personnes choisissent de fonder une famille plus tardivement. Nous nous accordons du temps et étudions plus longtemps, et nombreux sont ceux qui rencontrent leur partenaire plus tard. Ainsi, d’un point de vue psychologique, votre vie peut être plus stable si vous avez un enfant tardivement. Certaines études suggèrent même que ces enfants seraient mieux lotis. Mais si vous attendez que tout soit parfait pour avoir un enfant, il est possible que vous ne vous sentiez jamais prête.

Le pic de fertilité survient vers l’âge de 25 ans, mais il n’y a pas d’âge optimal pour avoir un bébé. En revanche, si vous avez rencontré quelqu’un avec qui vous voulez avoir des enfants, il est judicieux de parler régulièrement de ce souhait avec votre partenaire afin de vous assurer qu’il est partagé, et de ne pas trop repousser la prise de décision. On ne se sent jamais vraiment prêt à être parent, et il est tout à fait normal d’avoir des doutes à ce sujet. Si c’est le cas, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin.

Que puis-je faire pour augmenter mes chances de tomber enceinte après 35 ans ?

Plusieurs facteurs peuvent faciliter la survenue d’une grossesse après 35 ans, à commencer par l’adoption d’un mode de vie le plus sain possible :

  • Arrêter de fumer ;
  • Réduire sa consommation d’alcool ;
  • Faire du sport et manger équilibré ;
  • Réduire la caféine : l’excès de caféine diminue les chances de tomber enceinte et peut augmenter le risque de fausse-couche, il est donc préférable de réduire votre consommation.

Mais le plus important est de vous ménager : recevoir des leçons ou lire des recommandations peut augmenter votre stress et nuire à vos chances de conception. Il faut avant tout prendre soin de vous.

Si vous êtes en situation de surpoids ou d'obésité, perdre un peu de poids peut augmenter vos chances de conception et minimiser les risques une fois que vous serez enceinte.

Consulter un médecin pour vérifier votre état de santé général peut aussi valoir la peine. Il pourra vérifier votre fonction thyroïdienne car un déséquilibre à ce niveau peut affecter vos chances de conception, or c’est une affection qui se traite facilement.

Que faire si j’ai du mal à tomber enceinte ?

L’aide et les traitements que vous proposera votre médecin dépendront de la cause de la réduction de votre fertilité. Beaucoup de facteurs peuvent contribuer à des problèmes de conception, d’une ovulation irrégulière à une mauvaise qualité des spermatozoïdes, en passant par des difficultés de pénétration.

Les affections telles que l’endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) sont d’autres facteurs qui peuvent jouer un rôle, à l’instar des troubles de l’alimentation. Dans certains cas, faciliter l’accès des spermatozoïdes à l’utérus suffit, et dans d’autres il faut se tourner vers la fécondation in vitro (FIV). Il peut également être nécessaire de stimuler la paroi de l’utérus pour qu’elle retienne bien l’ovule fécondé. Il est possible d’identifier la cause responsable de l’infertilité dans environ 70 % des cas. Plusieurs facteurs peuvent nuire à l’efficacité du traitement entrepris, mais dans la grande majorité des cas la procréation médicalement assistée est un succès.

Les différents traitements disponibles dépendent de votre âge, de votre condition physique, mais également de la région où vous résidez. Consultez un médecin généraliste ou un gynécologue pour qu’il vous présente les options qui s’offrent à vous.

Comment puis-je préserver ma santé et celle de mon bébé pendant la grossesse ?

Faire du sport, avoir une alimentation équilibrée et prendre de l’acide folique favorisent les chances de conception.

Dès lors que vous espérez tomber enceinte, vous pouvez prendre 400 microgrammes d’acide folique par jour. Ce traitement sera poursuivi jusqu’à 12 semaines de grossesse. Il permet de réduire le risque de certains problèmes de développement du fœtus lors des premières semaines. L’acide folique vous sera normalement prescrit par un médecin lors de la visite au cours de laquelle vous lui indiquerez avoir envie de concevoir.

Mais ne paniquez pas si vous oubliez de prendre l’acide folique, la plupart des femmes ont tous les apports nécessaires à travers la nourriture.

De nombreuses femmes s’inquiètent de l’impact du sport sur leur grossesse.

Pourtant L’activité physique pendant la grossesse regorge de bienfaits dont la liste ne cesse de s’allonger à mesure des études réalisées sur le sujet :

  • Diminution de la prise de poids ;
  • Diminution des douleurs musculo-ligamentaires du dos et du pelvis ;
  • Amélioration de l'humeur et de l'estime de soi durant la grossesse mais également dans ses suites ;
  • Diminution du stress et de l'anxiété pendant et après la grossesse ;
  • Diminution des dits « petits maux » de la grossesse : nausées, crampes nocturnes au niveau des jambes, gonflements des jambes, constipation ;
  • Amélioration des troubles du sommeil liés à la grossesse ;
  • Diminution du risque de diabète gestationnel.

En résumé, l’activité physique améliore le bien être physique et psychique de la femme enceinte. Les vertus traversent même la barrière placentaire en favorisant la croissance foetale et en facilitant le travail lors de l’accouchement. Il existe de nombreuses listes des aliments et boissons à éviter lorsqu’on est enceinte : il est bon de les connaître, mais le plus important est de vous écouter.

L’accouchement est-il plus compliqué lors d’une grossesse tardive ?

Le plus souvent, quelques semaines avant la naissance, le bébé se positionne naturellement pour sa venue au monde : tête en bas et bien fléchi. Cette position permet généralement un accouchement par voie basse. Cependant, il arrive que certains bébés prennent d’autres positions, pas de panique, dans la très grande majorité des cas, la naissance se passe très bien malgré tout.

Après 40 ans, l’accouchement peut être plus difficile. Lors du travail, il est possible que vous ayez besoin d’une surveillance rapprochée, car des études montrent que le risque de complications augmente légèrement avec l’âge. Ces complications incluent un risque de déchirure des tissus du périnée, moins élastiques avec l’âge, un accouchement déclenché ou par césarienne, ou encore d’autres interventions.

Il faut savoir que même si votre grossesse est normale et se déroule bien, deux situations peuvent conduire à envisager son déclenchement : une grossesse prolongée, c’est-à-dire un dépassement de terme, ou une rupture prématurée de la poche des eaux. Dans ce cas, l’accouchement sera supervisé par une équipe médicale complète, formée et habituée à gérer les accouchements plus difficiles. En France, environ 20 % des accouchements se font chaque année par césarienne.

Vous souhaitez avoir un enfant ?

Que vous essayiez de tomber enceinte ou que vous soyez enceinte, un médecin peut vous proposer des adaptations de votre mode de vie.
Conseil médical validé par :

Direction médicale de Livi France

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