Les TCA, de quoi s'agit-il ?

Les TCA (troubles du comportement alimentaire) correspondent à des comportements alimentaires inhabituels s’inscrivant dans la durée et ayant un retentissement sur l’état de santé de la personne qui en est atteint. Ce sont de véritables maladies dont les conséquences peuvent être dramatiques sur la santé, la vie familiale et sociale.

On distingue trois principaux TCA :

  • l’anorexie mentale,
  • la boulimie,
  • l’hyperphagie boulimique.

Ce sont des pathologies fréquentes dans la population française. Selon les données de la Haute Autorité de Santé (HAS), l’anorexie mentale toucherait environ 1,2% des femmes et 0,25% des hommes. La boulimie concerne 1,5% des 11-20 ans et toucherait environ trois jeunes filles pour un garçon. Enfin, l’hyperphagie boulimique attendrait 3 à 5% de la population, autant d’hommes que de femmes, et apparaît plutôt à l’âge adulte.

Malheureusement le déni de ces pathologies par la personne qui en souffre est fréquent et est bien souvent un obstacle à la prise en charge.

A savoir : l’anorexie mentale et la boulimie sont intimement liées et peuvent être associées ou s’alterner : 20 à 50% des sujets souffrant d’anorexie mentale ont des crises de boulimie et 27% des sujets souffrant de boulimie ont des antécédents d’anorexie mentale.

L’anorexie

L’anorexie se manifeste par une préoccupation excessive pour ce qui a trait à l’alimentation et à l’image du corps. Elle se traduit par des conduites de restriction alimentaire, par exemple comptage des calories, tri et exclusions de certains aliments ou encore évitement des repas. S’y associent le plus souvent des conduites de purge : vomissements provoqués, recours à des traitements laxatifs, etc. Une hyperactivité physique et un hyperinvestissement scolaire ou professionnel sont généralement présents.
Il existe souvent une déformation de la perception du corps, appelée dysmorphophobie, qui conduit la personne à se voir en surpoids alors qu’elle est maigre. Cette fausse perception est vecteur de déni de la maladie.

Les complications de l’anorexie sont à la fois physique et psychologique :

  • Défaillance cardiaque,
  • Ostéoporose,
  • Infertilité,
  • Dépression,
  • Suicide,
  • Risque de chronicité,
  • Rechute et désinsertion sociale.

L’anorexie se caractérise par la gravité potentielle de ses conséquences avec un risque de décès important (jusqu’à 10% à 10 ans d’évolution).

On a pu identifier des populations à risque d’anorexie :

  • Adolescentes et jeunes femmes,
  • Mannequins,
  • Danseurs et sportifs des disciplines esthétiques, à catégorie de poids ou à faible poids corporel,
  • Personnes atteintes de maladies impliquant des régimes tels que le diabète de type 1, l’hypercholestérolémie familiale, etc.

La boulimie

La boulimie se définit par des crises d’absorption de grandes quantités de nourriture dans un temps restreint, associées à un sentiment de perte de contrôle. Ces crises sont accompagnées d’une grande culpabilité et suivies de comportements compensatoires tels que des vomissements provoqués, l’emploi de laxatifs ou autres médicaments, des périodes de jeûne ou encore un exercice physique excessif.
Les personnes souffrant de boulimie ont généralement un indice de masse corporelle normal en raison des comportements compensatoires.

Les complications de la boulimie :

Elles sont liées aux comportements compensatoires et aux conséquences ou contexte psychiatriques accompagnant la boulimie.

  • Déshydratation,
  • Faiblesse musculaire,
  • Mauvais état dentaire (caries, érosions, pathologies des gencives),
  • Hémorragie au niveau de la conjonctive des yeux,
  • Hypertrophie parotidienne,
  • Inflammation des voies digestives et trouble du transit,
  • Trouble de la fertilité,
  • Dépression,
  • Suicide.

L’hyperphagie boulimique

L’hyperphagie boulimique se caractérise par des épisodes récurrents de crises de boulimie, mais sans le recours aux comportements compensatoires caractéristiques de la boulimie. C’est pourquoi les personnes souffrant d’hyperphagie boulimique sont généralement en surpoids ou en situation d’obésité. Ce trouble est responsable d’une souffrance importante.

La boulimie, l’hyperphagie boulimique, et leurs formes partielles ont un retentissement majeur sur la santé physique et psychique. Ces troubles sont associés à un risque important de surmortalité liée aux troubles métaboliques induits et au suicide.

Les TCA sont fréquemment associés à d’autres maladies psychiatriques, au premier rang desquelles la dépression, l’anxiété, les addictions et les troubles de la personnalité.

Le repérage et la prise en charge d’un TCA doit être les plus précoces possible pour prévenir le risque d’évolution vers une forme chronique et les complications organiques, psychiatriques ou psychosociales de la maladie.

Les objectifs de la prise en charge :

  • Traiter les conséquences du TCA (réhydratation, réalimentation, prise en charge du surpoids, autres...) dont certaines peuvent relever de l’urgence ;
  • Comprendre les causes du TCA ;
  • Comprendre et modifier les attitudes dysfonctionnelles liées à l’alimentation ;
  • Améliorer les relations sociales et interpersonnelles de la personne touchée afin de retrouver confiance et sécurité pour avancer dans la vie ;
  • Traiter les éventuelles maladies psychiatriques ou troubles de la personnalité qui contribuent à renforcer ou à maintenir le TCA.

Le suivi d’une personne souffrant de TCA est souvent long et nécessite l’intervention de plusieurs disciplines: médecin traitant, diététicien, psychologue ou psychiatre.

Selon l’évolution et la gravité du TCA, les soins s’effectuent en ville ou lors d’une hospitalisation.

Il est important que la personne présentant un TCA et son entourage soient acteurs de la prise en charge et pour cela une relation de confiance doit être nouée avec les professionnels de santé.

Si vous remarquez l’un des symptômes ci-dessous chez l’un de vos proches, nous vous invitons à l'encourager à consulter un médecin. Surtout ne le brusquez pas, ayez toujours en tête que la personne souffrant de TCA n’en a le plus souvent pas conscience. Armez-vous de patience et de bienveillance pour le soutenir dans sa démarche.

Eléments en faveur d’un TCA :

  • Une perte de poids excessive ;
  • Une pratique importante d'exercices physiques ;
  • Un évitement des repas avec les autres ;
  • Le rejet systématique de certains aliments ;
  • Le contrôle du poids des aliments ;
  • Un isolement et un repli sur soi ;
  • Une déformation de l'image corporelle : "je suis affreux(se), laid(e), gros(se)..." ;
  • Des variations de poids importantes ;
  • Un engouement pour les aliments salés, sucrés ou caloriques ;
  • Des marques sur les mains qui témoignent des vomissements à répétition ;
  • Une précipitation au toilettes après les repas ;
  • Des propos omniprésents sur l'apparence physique ;
  • Une anxiété et des changements d'humeur ;
  • Une dévalorisation de soi.

Un médecin généraliste sur Livi peut suspecter un trouble du comportement alimentaire et orienter votre prise en charge. En cas de détresse psychologique associée au TCA, des psychiatres sur Livi sont à votre écoute.

Mis en ligne le:
20 nov. 2020
Conseil médical validé par:
Dr. Céline Guyomar,