Boire de l’alcool n'est pas sans effet sur l’organisme. Que ce soit pour le Dry January, dans l’optique de prendre soin de votre santé, durant votre grossesse, ou lors d’une préparation physique, réduire sa consommation d’alcool, voire l’arrêter complètement, peut être bénéfique.
Mais que se passe-t-il dans notre corps quand on arrête de boire de l’alcool ? Nos médecins vous disent tout.
Comment savoir si ma consommation d’alcool nuit à ma santé ?
Ce n’est pas un secret, l’abus d’alcool nuit à la santé. À long terme, boire trop d’alcool peut augmenter le risque de cancer, de démence, de maladie cardiaque et d’accident vasculaire cérébral. Il est également prouvé que l’alcool peut altérer la mémoire et réduire la fertilité.
En France, l’alcool est responsable d’environ 49.000 décès par an, et est la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac. (Source : santé.gouv)
Il est donc important d’évaluer son rapport à l’alcool pour agir si cela est nécessaire. Il n’est pas toujours simple de se rendre compte d’une consommation d’alcool excessive.
Sachez que si vous consommez régulièrement plus de 14 unités d’alcool par semaine (1 unité d’alcool = 10 grammes d’alcool = un verre), des effets négatifs apparaîtront avec le temps.
La bonne nouvelle, c’est que certains effets néfastes de l’alcool sont réversibles et que la réduction ou l’arrêt de votre consommation d’alcool a des bienfaits évidents pour votre santé. Ces derniers sont bien souvent visibles en l’espace d’une seule semaine.
Il existe de nombreuses façons de réduire sa consommation d’alcool. Vous pouvez par exemple vous fixer dans la semaine des jours sans alcool, ou encore réduire la taille de votre verre afin de respecter les recommandations des professionnels de santé.
Combien de temps l’alcool reste-t-il dans mon organisme ?
Quand vous consommez de l’alcool, ce dernier se diffuse rapidement dans votre circulation sanguine pour irriguer toutes les parties de votre corps, notamment votre cerveau, votre foie, vos reins et vos poumons.
L’alcool restera plus ou moins longtemps dans l’organisme selon votre sexe, votre taille, votre âge, la fréquence de votre consommation et selon que vous ayez mangé ou non.
L'alcool présent dans votre organisme est décomposé par le foie, qui le métabolise grâce à une enzyme particulière. Il faut compter environ 1 heure pour qu’une seule unité d’alcool quitte votre organisme. Par conséquent, si vous avez consommé 8 verres de bière ordinaire (soit 2 unités d’alcool chacun) et que vous avez arrêté de boire à minuit, l’alcool restera dans votre organisme jusqu’à environ 16 heures le lendemain.
Que se passe-t-il si j'arrête toute consommation d'alcool ?
Si vous réduisez ou arrêtez totalement votre consommation d’alcool, vous constaterez de nombreux bienfaits à court et à long terme.
Après 1 semaine :
Votre sommeil s’améliore.
Une idée fausse circule selon laquelle l’alcool améliore le sommeil. En effet, l’alcool peut vous aider à vous endormir, mais votre sommeil paradoxal, essentiel pour rester en bonne santé, sera moins réparateur.
Après 1 semaine sans alcool, votre cycle de sommeil paradoxal reviendra à la normale. Vous vous sentirez plus reposé et remarquerez une amélioration de votre humeur et de votre fonction cognitive. Il se peut même que vos rêves soient plus importants, ou que vous recommenciez tout simplement à rêver.
Votre peau peut paraître en meilleure santé.
Quand l’organisme métabolise l’alcool, il libère un sous-produit appelé acétaldéhyde qui est ensuite décomposé en un produit moins toxique pour être éliminé de l’organisme. En effet, l’acétaldéhyde est toxique pour les tissus. Il provoque une déshydratation et augmente le __risque d’altération des tissus cutané__s avec l'éclatement de petits vaisseaux sanguins.
En réduisant votre consommation d’alcool, vous remarquerez que l’état de votre peau s’améliore, notamment si vous souffrez de rougeurs comme celles provoquées par la couperose. Selon une étude, une consommation accrue d’alcool est associée à un risque de couperose plus élevé chez la femme.
Après 1 mois :
Il vous semblera plus facile de maintenir un poids sain.
L’alcool est riche en calories, mais n’apporte aucun nutriment. Un seul verre de vin standard équivaut à 133 calories, tandis qu’un verre de bière en compte jusqu’à 239. Ces calories « vides » sont converties en réserves de graisse qui viendront se fixer au niveau de votre taille.
Après 1 mois de réduction de votre consommation, votre organisme commencera à perdre l’excédent de graisses que vous avez acquis.
Les dommages sur votre foie seront inversés.
Les effets de l’alcool peuvent entraîner une maladie du foie qui devient gras, c’est la stéatose hépatique. Une des principales fonctions du foie est d’éliminer les toxines de l’organisme, mais il joue également de nombreux autres rôles utiles au bon fonctionnement de notre corps (coagulation, immunité, stockage, métabolisme...).
Le foie doit travailler plus intensément lorsqu’il doit décomposer l’alcool surtout en excès. Le fait d’avoir un foie gras peut réduire sa capacité à accomplir des fonctions vitales, et peut engendrer une grande fatigue.
Après seulement 2 semaines d’abstention, votre foie commence à se régénérer et dans les 4 à 8 semaines suivant l’arrêt de votre consommation, votre foie peut être complètement rétabli. Cela dépent simplement de votre consommation d’alcool et de l’état de votre foie au départ.
Votre santé mentale peut s’améliorer.
Alors que dans un premier temps, l’alcool peut augmenter votre confiance en vous et réduire vos angoisses, sur le long terme, il peut vous rendre plus vulnérable à divers troubles de la santé mentale, comme la dépression et l’anxiété, ou les aggraver si vous en souffrez déjà. L’alcool peut perturber l’équilibre chimique de votre cerveau, affecter vos pensées, vos sentiments et votre comportement.
Après 4 semaines, votre humeur commencera à s’améliorer et vous remarquerez que vous êtes plus résilient au quotidien.
Après 1 an :
Votre tension artérielle diminue.
Une consommation excessive et régulière d’alcool peut augmenter votre tension artérielle. L’hypertension artérielle accroît le risque de maladies cardiovasculaires, car elle exerce une pression sur le muscle cardiaque. Selon une étude, même une consommation d’alcool légère à modérée augmenterait la pression artérielle et ainsi le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC).
Après une année d’abstention, la tension artérielle diminue, tout comme le risque d’accident vasculaire cérébral ou de crise cardiaque.
Votre mémoire s’améliore.
L’alcool peut affecter le bon fonctionnement de votre hippocampe, partie du cerveau qui stocke les informations et constitue la mémoire. Une consommation excessive d’alcool peut également causer d’autres lésions cérébrales et ainsi augmenter le risque de démence.
La recherche laisse toutefois entendre que lorsque vous arrêtez l’alcool, certaines des lésions cérébrales causées par une consommation de longue date peuvent s’inverser.
Symptômes possibles du sevrage alcoolique (et signaux d’alerte)
Lorsque l’on réduit ou arrête sa consommation d’alcool, certains symptômes peuvent apparaître, surtout en cas de consommation régulière ou importante. Ils sont liés à l’adaptation de l’organisme à l’absence d’alcool.
Symptômes les plus fréquents
Les manifestations sont le plus souvent modérées et transitoires. Elles peuvent survenir quelques heures à quelques jours après l’arrêt :
- Anxiété, nervosité ou irritabilité ;
- Troubles du sommeil ;
- Maux de tête ;
- Tremblements ;
- Sueurs ;
- Nausées ou palpitations ;
- Envie irrépressible de boire de l’alcool.
Ces symptômes diminuent généralement en quelques jours.
Quand consulter en urgence ?
Il est important de consulter rapidement un médecin ou les urgences en cas de :
- Confusion ou désorientation ;
- Hallucinations ;
- Agitation importante ;
- Fièvre élevée ;
- Convulsions.
Ces signes peuvent indiquer un sevrage alcoolique sévère nécessitant une prise en charge médicale.
Arrêter l’alcool : avec ou sans accompagnement ?
Si vous consommez de l’alcool quotidiennement ou en grande quantité, il est préférable de ne pas arrêter brutalement sans avis médical. Un professionnel de santé pourra vous accompagner et adapter la démarche à votre situation.
Comment réduire sa consommation d’alcool ?
Renoncer à l’alcool peut s’avérer difficile, mais les bénéfices en valent la peine. Voici quelques conseils pour vous aider dans cette démarche :
- Restez hydraté(e) en alternant alcool et eau ou boisson gazeuse ;
- Veillez à ne pas boire d’alcool plusieurs jours dans la semaine ;
- Faites savoir à votre famille et à vos amis que vous souhaitez diminuer votre consommation pour qu’ils vous encouragent et vous soutiennent ;
- Optez pour une boisson moins forte (volume en %) et optez pour un verre de vin plus petit qu’à l’accoutumée ;
- Définissez-vous un budget maximal à consacrer à votre consommation d’alcool.
Arrêter ou réduire l’alcool : quelle stratégie choisir ?
Il n’existe pas de solution unique pour diminuer sa consommation d’alcool. Le choix entre une réduction progressive et un arrêt complet dépend de votre consommation, de votre état de santé et de votre relation à l’alcool.
Réduire progressivement sa consommation
La réduction progressive peut être une option adaptée si votre consommation est modérée. Elle permet de limiter les symptômes de sevrage et d’adopter de nouvelles habitudes plus durables.
Arrêter complètement l’alcool
L’arrêt total peut être bénéfique, notamment si l’alcool a un impact négatif sur votre santé, votre sommeil ou votre bien-être mental. Il est toutefois recommandé de demander un avis médical avant un arrêt brutal, en particulier en cas de consommation régulière ou importante.
Quelle que soit la stratégie choisie, l’important est de trouver une approche adaptée à votre situation et de ne pas rester seul face aux difficultés. Un professionnel de santé peut vous accompagner et vous aider à définir des objectifs réalistes.
Quand faut-il en parler à un médecin ?
Si vous avez du mal à réduire votre consommation d’alcool, n’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant. Vous pouvez également prendre rendez-vous si :
- Votre relation à l’alcool vous inquiète ;
- Votre consommation d’alcool provoque des disputes avec votre famille, vos amis ou vos collègues ;
- Vous ne pouvez pas dire non à l’alcool ;
- Vous devez boire davantage pour les mêmes effets ;
- Vous avez du mal à vous endormir.
Questions fréquentes sur l’arrêt de l’alcool
Combien de temps faut-il pour se sentir mieux après l’arrêt de l’alcool ?
Les premiers bénéfices peuvent apparaître dès quelques jours, notamment sur le sommeil et l’énergie. L’amélioration de la peau, de l’humeur ou de la digestion se fait généralement en quelques semaines. Les effets à plus long terme, comme la baisse de la tension artérielle ou l’amélioration du fonctionnement du foie, peuvent prendre plusieurs mois.
Est-ce dangereux d’arrêter l’alcool d’un coup ?
Chez certaines personnes, notamment en cas de consommation régulière ou importante, un arrêt brutal peut entraîner des symptômes de sevrage parfois sévères. Il est donc conseillé de demander l’avis d’un professionnel de santé avant d’arrêter complètement l’alcool.
L’arrêt de l’alcool fait-il perdre du poids ?
L’alcool apporte beaucoup de calories sans valeur nutritionnelle. En réduisant ou en arrêtant sa consommation, certaines personnes constatent une perte de poids, surtout si l’alcool était consommé fréquemment. Cet effet dépend toutefois de l’alimentation et de l’activité physique.
Le foie peut-il se régénérer après l’arrêt de l’alcool ?
Le foie a une grande capacité de régénération. En cas de stéatose hépatique (foie gras), une amélioration est souvent possible après quelques semaines sans alcool. En revanche, certaines atteintes plus graves, comme la cirrhose, ne sont pas réversibles.
En bref
Réduire ou arrêter l’alcool apporte des bénéfices rapides et durables sur le sommeil, l’énergie, la santé mentale et le fonctionnement du foie ;
Les effets positifs peuvent apparaître dès les premiers jours, mais varient selon la consommation initiale et l’état de santé ;
En cas de consommation régulière ou importante, il est recommandé de demander un avis médical avant d’arrêter complètement l’alcool.


