Burn out : de quoi s’agit-il?

Vous avez un sentiment permanent d’être vidé de toutes ressources, un détachement de l’ensemble du champ professionnel et une diminution de l’accomplissement personnel au travail ? Vous souffrez peut-être d'un burn out, aussi appelé épuisement professionnel.

Le terme burn out fut inventé dans les années 1970 pour décrire l’épuisement au travail des professionnels de l’aide et de soin. Il s’est ensuite appliqué à l’ensemble des syndromes d'épuisement professionnel, quelque soit la profession.

Il est fréquemment défini comme “un épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel”.

Dans les faits, le burn out se traduit par une diminution de l’engagement au travail, avec un détachement notoire de tout ce qui touche à la profession ayant pour conséquence une inadéquation entre le travailleur et son poste, pouvant aboutir à l’incapacité totale d’effectuer son travail.

En constante augmentation depuis une dizaine d’années, le burn out est devenu la deuxième cause d’affection professionnelle de la population salariée active après celles de l’appareil locomoteur. Les femmes seraient deux fois plus touchées que les hommes.

D’installation insidieuse et progressive, les manifestations du burn out sont hétérogènes et plus ou moins importantes. Cela rend son diagnostic parfois difficile et il peut être confondu avec d’autres troubles psychiques ou maladies.

Parmi les symptômes:

  • Sur le plan émotionnel : on retrouve de l’anxiété, une humeur triste, une irritabilité, une hypersensibilité ou au contraire une perte des émotions;

  • Sur le plan intellectuel : on rencontre fréquemment des troubles de la mémoire, de l’attention et de la concentration, des difficultés lors de l'exécutions de tâches (particulièrement au niveau professionnel);

  • Sur le plan du comportement : on note un isolement social, une hostilité vis à vis de ses collègues de travail, un comportement agressif, parfois violent, une diminution de l’empathie et de possibles comportements addictifs (alcool, tabac, etc);

  • Sur le plan de la motivation : on observe un désengagement progressif au travail avec une baisse de motivation pouvant aboutir à une remise en cause professionnelle ;

  • Au niveau physique : une fatigue, des troubles du sommeil, des tensions musculaires diffuses ou localisées au niveau cervical et lombaire, des vertiges, des maux de têtes, des troubles de l’appétit et digestifs peuvent apparaitrent. Ces symptômes ne sont pas spécifiques et peuvent être liés à d’autres causes qui seront recherchées par votre médecin.

Le burn out survient dans un contexte de stress professionnel chronique.
Il résulte d’un processus lent de dégradation du rapport de l’individu à son travail à travers trois dimensions. Tout d’abord l’épuisement, avec un sentiment permanent d’être vidé de toutes ressources. Ensuite, un cynisme vis-à-vis du travail caractérisé par une vision négative et un détachement de l’ensemble du champ professionnel. Enfin, la troisième dimension est celle d’une diminution de l’accomplissement personnel au travail avec une perte de l’estime de soi aboutissant au sentiment de ne pas être à la hauteur de son poste. Des facteurs de risques professionnels et/ou personnels favorables au burn out ont pu être identifiés.

Les facteurs de risque liées au travail, six catégories :

  • catégorie liée à l’intensité et à l’organisation du travail : surcharge de travail, imprécision des missions, objectifs irréalistes, etc ;
  • catégorie liée à des exigences émotionnelles importantes : confrontation à la souffrance ou à la mort ;
  • catégorie liée à l’autonomie dans son travail : faible marge de manoeuvre individuelle;
  • catégorie liée aux relations dans le travail : conflit avec un collègue de travail, manque de soutien au travail, management délétère, etc. ;
  • catégorie liée à un conflit de valeurs : perte du sens de son travail ; ´
  • catégorie liée à l’insécurité de l’emploi : contrat à durée déterminée, entreprise en faillite, etc.

Les facteurs de risque personnels de burn out :

  • des antécédents dépressifs,
  • certains traits de personnalité pouvant limiter les capacités d’adaptation.

À contrario, il existe des facteurs protecteurs du burn out avec l’existence de ressources dans le travail:

  • soutien social,
  • stabilité du statut,
  • collectif de travail vivant,
  • moyens techniques, matériels et humains suffisants.

La prise en charge doit être double. Elle comprend le traitement du burn out et celui du contexte socioprofessionnel à son origine. Elle vise à rétablir l’équilibre personnel et professionnel de l’individu.

La prescription d’un arrêt de travail est le plus souvent nécessaire. Sa durée sera adaptée à la situation. L’arrêt de travail a pour but de prendre du recul, d’accepter le burn out et surtout de récupérer avec du repos, de la relaxation ou encore une activité sportive.

Si un traitement antidépresseur n’est pas toujours nécessaire, le traitement non médicamenteux est indispensable. Il repose sur une prise en charge psychologique par des interventions psychothérapeutiques ou psychocorporelles (thérapies cognitivo comportementales, relaxation, méditation pleine conscience, etc).

En cas de burn out sévère, le médecin traitant qui coordonne la prise en charge pourra adresser son patient à un psychiatre. Il est important par ailleurs qu’il se mette en contact avec le médecin du travail (avec l’accord du patient) pour que les conditions de travail soient analysées.

Le retour au travail ne se fait pas du jour au lendemain, il doit être préparé en collaboration avec le médecin du travail. Une visite de préreprise avec ce dernier est obligatoire après plus de 3 mois d'arrêt, et fortement recommandée en cas d'arrêt moins long. Elle permettra de proposer des aménagements de poste ou des formations professionnelles en vue d’un reclassement si nécessaire.

Personne n’est à l'abri de présenter un jour ou l’autre un burn out. Il est très difficile de s’en sortir seul, cela devient même illusoire en cas de burn out avancé.
Il est important de repérer le burn out dès les premiers signes afin d’en limiter les conséquences. Nous vous conseillons donc de consulter rapidement un médecin si vous présentez un état de fatigue persistant survenant dans un contexte de stress professionnel, et ce d'autant plus que d’autres symptômes compatibles avec un burn out sont associés à cet épuisement.

En cas d’idées noires et/ou suicidaires, vous devez consulter en urgence.

Un médecin sur Livi peut suspecter un burn out. Il vous conseillera et vous réorientera vers votre médecin traitant pour une prise en charge adaptée. Néanmoins si ce dernier n’est pas disponible dans l’immédiat, un médecin sur Livi peut établir un arrêt de travail de 5 jours maximum en attendant que votre médecin traitant vous reçoive. En cas de détresse psychologique profonde, il pourra vous proposer une prise en charge avec un psychiatre en téléconsultation.

Mis en ligne le:
29 sept. 2020
Conseil médical validé par:
Dr. Céline Guyomar,