Anémie – de quoi s’agit-il ?

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Dr. Céline Guyomar

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L’anémie est définie par une diminution du taux d’hémoglobine sur les résultats d’une prise de sang. C'est un problème fréquent dans le monde, et les femmes et les enfants sont les populations les plus à risque de présenter une anémie. Découvrez les conseils des médecins sur Livi pour y remédier.

Généralités sur l'anémie

On parle d’anémie en dessous des valeurs de référence selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) :

  • hémoglobine < 13 g/dl chez l’homme ;

  • hémoglobine < 12 g/dl chez la femme et < 11 g/dl pour la femme enceinte.

Une anémie est dite sévère lorsque l’hémoglobine est inférieure à 8 g/dl.
L'hémoglobine est une protéine faisant partie des globules rouges contenus dans le sang, elle est chargée du transport de l’oxygène et de sa livraison aux cellules du corps. L’oxygène peut être considéré comme un carburant pour nos cellules et est donc indispensable à leur bon fonctionnement.

Ses principales causes sont les carences nutritionnelles surtout en fer et les infections (paludisme et autres parasites).

L’absence de sa prise en charge a deux principales répercussions :

  • l’aggravation de l’anémie elle-même entraînant : une mauvaise santé chronique, diminution des capacités physiques, retard de développement intellectuel et risque accru d'infection chez les jeunes enfants, ralentissement du développement du fœtus pendant la grossesse ;

  • l’aggravation de la maladie responsable de l’anémie.

Symptômes de l'anémie

Indépendamment de sa cause, deux tableaux cliniques sont spécifiques à l’anémie :

  • La pâleur de la peau et des muqueuses, variable d’une personnes à l’autre et selon la sévérité de l’anémie ;

  • Les manifestations liées au manque d’oxygène (rappelons que l’hémoglobine est le transporteur et distributeur de l’oxygène dans notre corps) avec fatigue, essoufflement, vertige, maux de tête, accélération du rythme cardiaque, souffle cardiaque. La gravité de ces manifestations dépend de l’importance de l’anémie et de sa rapidité d’installation. Elle dépend également de leur retentissement sur nos organes nobles : cœur, cerveau, appareil digestif et poumons. Ce retentissement sera d’autant plus sérieux si ces organes sont déjà touchés par d’autres pathologies. Par exemple, une anémie chez un individu souffrant au préalable d’insuffisance cardiaque va rapidement aggraver cette insuffisance cardiaque.

D’autres symptômes peuvent compléter le tableau d’anémie : sécheresse cutanée, lèvres sèches et fissurées, ongles aplatis, cheveux secs et cassants.

Lorsque l’installation de l’anémie est très rapide, par exemple en cas d’hémorragie, on aura à faire à un tableau dit de choc avec sueurs, impression de soif, chute de la tension artérielle, accélération importante du rythme cardiaque. Si rien n’est fait, l’arrêt cardio-respiratoire survient.

À l'inverse, l’anémie peut s’installer insidieusement, par exemple en cas d’anémie par carence en fer. C’est le bilan sanguin qui dans ce cas révèle la baisse d'hémoglobine.

Causes de l'anémie

L’anémie est une conséquence dont les causes sont multiples. Elles peuvent être classées en fonction de l’origine de l’anémie centrale ou périphérique.

Anémie centrale

On parle d’anémie centrale lorsqu’il y a un défaut de production de l’hémoglobine au niveau de la moelle épinière par :

  • manque de « matière première » : fer, vitamine B12, acide folique ;

  • disparition des cellules souches de la moelle osseuse par exemple après chimiothérapie ;

  • cellules souches présentes mais défaillantes en cas de syndrome dit myélodysplasique ;

  • envahissement de la moelle osseuse par des cellules anormales par exemple en cas de cancer ;

  • anomalie de la structure de la moelle osseuse ;

  • diminution de la stimulation hormonale de la fabrication des cellules sanguines (déficit en érythropoïétine par exemple) ;

  • production de facteurs sabotant la production de cellules sanguines, par exemple en cas d' inflammation.

Anémie périphérique

Les anémies dites périphériques sont, quand à elles, dues à un excès de perte de l’hémoglobine dans les cas de :

  • pertes sanguines aiguës, par exemple hémorragies digestives ;

  • pertes sanguines chroniques, telles que les règles abondantes, l'ulcère de l’estomac, le cancer du côlon, etc ;

  • destruction des globules rouges dans l'organisme due à une malformation de ces derniers (drépanocytose, thalassémie) ou à leur attaque par un agent infectieux (paludisme) ou encore par nos propres anticorps.

L’anémie par carence en fer

Le manque de fer constitue la principale cause d’anémie dans notre pays. Il est dû à trois principales causes.

  • Des pertes lors de saignements. Les saignements peuvent être faibles (donc invisibles) mais prolongés en cas de problème gastro-intestinal : ulcère gastrique, polype du côlon ou cancer colorectal, en cas de pathologie gynécologique comme un fibrome utérin, ou encore de problèmes urologique comme un cancer de la vessie. Ces saignements peuvent également être plus évidents, c’est le cas de règles abondantes ou d’une coloration noire des selles et l'émission de sang rouge par l’anus en cas d'origine gastro-intestinale.

  • Un manque d’apport dans l’alimentation, aggravé en cas de régime végétarien ou végétalien strict. Les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans sont particulièrement sujets à une anémie par carence en fer : les femmes du fait de l'augmentation du volume sanguin et des besoins pour la croissance foetale, surtout en fin de grossesse, et les enfants du fait de leur croissance rapide nécessitant des apports en fer plus importants non satisfaits par une alimentation peu diversifiée.
    Un trouble de l’absorption du fer par le tube digestif à cause d’une affection de la paroi digestive comme dans le cas d’une maladie de Crohn ou d’une maladie coeliaque.

Le trouble de l’absorption est beaucoup plus rare que les pertes par saignement et la carence d’apport.

Traitement de l'anémie

Le traitement de l’anémie est avant tout celui de sa ou ses causes. La prise en charge de l’anémie débutera toujours par une recherche de cette cause.

Le traitement de l’anémie la plus fréquente, c'est-à-dire par carence d’apport ou apports inappropriés en fer commencera par la correction alimentaire de la carence à l’aide d’une alimentation variée et équilibrée couvrant les besoins en fer.

En 2016, les références nutritionnelles des apports en fer de la population adulte ont été mises à jour et sont estimées à 11 mg/j pour l’homme, la femme ayant des pertes menstruelles faibles ou normales (80% de la population féminine non ménopausée) ainsi que la femme ménopausée, et à 16 mg/j pour la femme non ménopausée ayant des pertes menstruelles élevées.

Les aliments à privilégier sont viandes maigres, volailles, poissons, œufs, légumineuses et tofu, légumes verts comme les épinards, le brocoli, les choux de Bruxelles, les petits pois et les haricots. On n'oubliera pas d’y associer des aliments riches en vitamine C (oranges, clémentines, kiwis, tomates et poivrons), car ils aideront votre corps à absorber le fer. À l’inverse, on évite le thé et le café qui contiennent des inhibiteurs potentiels de l'absorption du fer.

Retrouvez la liste des aliments riches en fer ici.

Si la correction des carences par l’alimentation ne suffit pas, une supplémentation par sels de fer sera prescrite pour 3 à 6 mois en fonction de l'importance de la carence. Elle fait appel pour l'essentiel au traitement oral, en une ou plusieurs prises par jour, si possible à jeun pour en améliorer l'absorption, ou à défaut pendant les repas pour en améliorer la tolérance.

La remontée du taux d'hémoglobine (3 à 4 g/dl en 3 à 4 semaines) est d'autant plus rapide que l'anémie initiale était profonde. Les indications à une transfusion de sang sont exceptionnelles et limitées aux anémies profondes et/ou mal tolérées.

Quand devez-vous consulter en cas d'anémie ?

Toute découverte d’anémie suite à une prise de sang ou devant des symptômes d’anémie doit conduire à une consultation avec un médecin. Les médecins sur Livi  déconseillent toutefois de prendre une supplémentation en fer sans s’être assuré de l’origine de la carence auprès d’un médecin.

Chez l’enfant de moins de cinq ans, en dehors des signes classiques de l’anémie, la survenue de trouble de la croissance ou d’infections à répétition doit conduire à une consultation à la recherche d’une anémie.

Que peut faire Livi pour vous ?

Votre médecin sur Livi peut :

  • vous prescrire un bilan sanguin à la recherche d’une anémie,

  • interpréter ce bilan sanguin avec vous,

  • orienter au mieux votre prise en charge en fonction de la situation.

En savoir plus

Le fer : Fonction, sources alimentaires et besoins nutritionnels

Symptômes de l’anémie ferriprive

Questions fréquemment posées sur l'anémie

Une alimentation équilibrée est cruciale pour prévenir certaines formes d’anémie. Les carences en fer, en vitamine B12 et en acide folique sont souvent liées à des habitudes alimentaires inadéquates. Par exemple, une consommation insuffisante de viande rouge, de légumineuses ou de crustacés peut conduire à une anémie par carence en fer.

De plus, certains régimes végétariens stricts, s’ils ne sont pas bien planifiés, peuvent entraîner des déficiences en vitamine B12. Il est donc essentiel d’adopter une alimentation variée et riche en nutriments pour permettre la bonne production de globules rouges.

Sans prise en charge appropriée, l’anémie peut entraîner diverses complications :

  • Fatigue chronique : Réduisant la qualité de vie et le tonus.

  • Problèmes cardiaques : Comme des palpitations ou une insuffisance cardiaque, en raison de l’effort accru du cœur pour compenser le manque d’oxygène.

  • Retard de croissance : Chez les enfants, pouvant affecter leur développement physique et cognitif.

  • Complications pendant la grossesse : Augmentant les risques pour la mère et le fœtus, notamment de prématurité et de faible poids de naissance.

Il est donc primordial de consulter un professionnel de santé dès l’apparition de symptômes évocateurs d’anémie.

Plusieurs facteurs peuvent prédisposer une personne à l’anémie :

  • Menstruations abondantes : Chez les femmes, entraînant des pertes sanguines significatives.

  • Grossesse : Augmentant les besoins en fer et en folates.

  • Maladies chroniques : Telles que l’insuffisance rénale ou les maladies inflammatoires, pouvant affecter la production de globules rouges.

  • Antécédents familiaux : De maladies sanguines héréditaires, comme la drépanocytose.

  • Régimes alimentaires restrictifs : Pouvant conduire à des carences nutritionnelles.

Identifier ces facteurs de risque permet une surveillance proactive et une prévention efficace de l’anémie.

Les symptômes de l’anémie, tels que la fatigue, la pâleur et l’essoufflement, peuvent être similaires à ceux retrouvés dans d’autres pathologies Cependant, certains signes sont plus spécifiques à l’anémie :

  • Pica : Envie de consommer des substances non alimentaires, comme de la glace ou de la terre, souvent associée à une carence en fer.

  • Syndrome des jambes sans repos : Sensation désagréable dans les jambes, soulagée par le mouvement, parfois liée à une anémie ferriprive.

  • Glossite : Inflammation de la langue, pouvant indiquer une carence en vitamine B12.

En présence de tels symptômes, il est recommandé de consulter un professionnel de santé pour un diagnostic précis et un traitement adapté.

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