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SANTÉ MENTALE

Syndrome de la cabane : la tentation de repli sur soi

Conseil médical validé par :

Direction médicale de Livi France

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syndrome de la cabane
Il vous est difficile de sortir de chez vous depuis le confinement ? Et s'il s'agissait du syndrome de la cabane ? Les psychiatres sur Livi vous présentent ce syndrome, ses symptômes ainsi que des moyens de lutter contre.

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Mis en lumière à la sortie de la crise de la Covid-19, le syndrome de la cabane (aussi appelé syndrome de l’escargot ou du prisonnier) se traduit par une véritable peur de sortir du lieu où l’on se sent en sécurité pour se confronter au monde extérieur. Quels sont les symptômes de ce syndrome ? Comment le reconnaître et y faire face ? Les psychiatres sur Livi vous prodiguent leurs conseils pour vous aider à vous en sortir.

Qu’est-ce que le syndrome de la cabane ?

Effet collatéral des confinements successifs connus pendant la pandémie de Covid-19, ce trouble anxieux ne date pourtant pas d’hier. Théorisée au XXème siècle durant la Ruée vers l’Or aux États-Unis, cette affection correspond à l’angoisse de sortir de chez soi, de sa bulle de protection construite pour se préserver de toute agression extérieure. Maladie, bruit, méfiance à l’égard d’autrui… Il est difficile pour les patients souffrant de ce trouble de réapprendre à vivre en dehors de leur zone de confort.

Quels sont les symptômes du syndrome de la cabane ?

Il est important de rappeler que le syndrome de la cabane n’est pas une pathologie psychiatrique, mais relève plutôt d’un état émotionnel transitoire. La symptomatologie de ce syndrome n’est pas sans rappeler celui de la dépression, et se caractérise par :

  • Une grande fatigue émotionnelle ;
  • Une humeur changeante, une irritabilité ;
  • Des troubles du sommeil ;
  • Une perte de motivation notamment lorsqu’il s’agit de réaliser une activité à l’extérieur ;
  • Une peur ou phobie constante des dangers potentiels du monde extérieur.

Le risque majeur est que l'anxiété que l'on ressent lorsque l'on doit sortir devienne chronique et se généralise en trouble anxieux. Dans les cas extrêmes, le syndrome de la cabane peut conduire à la paranoïa et à la violence contre soi-même ou contre d'autres personnes.

Qui sont les personnes les plus susceptibles d’être touchées ?

Le syndrome de l'escargot ou du prisonnier ne touche pas une catégorie de personnes en particulier. Tous les âges et tous les profils peuvent être concernés. Les individus affectés se renferment, s'isolent dans leur intérieur et n'ont plus envie de sortir ou d'affronter le monde extérieur. Cependant, il existe une prééminence chez les sujets à la santé mentale fragile, traversant un épisode dépressif ou chez les personnes isolées socialement.

Comme chez les personnes libérées après une longue captivité, les individus touchés par ce trouble ont du mal à se réadapter à la vie extérieure. Le lieu d’enfermement représente un cocon protecteur, tandis que le monde extérieur est associé aux dangers.

Les jeunes et le syndrome de la cabane

Suite aux différents confinements, certaines études ont démontré que beaucoup d’adolescents, d’étudiants ou de jeunes actifs connaissaient des états de déprime et opéraient une remise en cause de leur vie. Ils s’interrogent non seulement sur leur choix d'études, leurs décisions professionnelles, ou encore leurs relations amicales ou amoureuses. Ils ne ressentent plus l’envie de sortir ou de socialiser. Souvent contraints de vivre dans de petits espaces, tous n’ont pas la chance d’être entourés de leurs proches (famille ou amis) accentuant ainsi l’isolement et le repli sur soi.

Comment savoir si je souffre du syndrome de la cabane ?

Il n’existe pour le moment pas de test officiel pour diagnostiquer un syndrome de la cabane. Cependant, certaines émotions ressenties peuvent aider à détecter ce trouble comme :

  • Une peur de côtoyer d’autres personnes (phobie sociale) ;
  • Une peur de se rendre dans un espace clos comme les commerces, les lieux culturels ou les transports en commun… (agoraphobie) ;
  • Une anxiété ou du stress lorsqu’il faut sortir de chez soi ;
  • Des crises d'angoisse à l’idée de retourner sur son lieu de travail ;
  • Une sensation de n’être en sécurité qu’au sein de son logement.

Être bien chez soi, mais avoir peur des autres

Si le domicile est devenu une forme de refuge, il a, dans le cas du syndrome de la cabane, engendré une réduction de la vie sociale des individus touchés par ce trouble. Certains vivent cependant cette parenthèse comme une libération. En effet, s’engager ou s’inscrire sur la durée dans une relation nécessite pour certaines personnes un effort considérable. Le fait de se confiner chez soi, à l’abri de toutes interactions sociales, relève alors pour ces dernières d’un soulagement. Il en va de même pour les interactions liées au travail. À l’ère du télétravail, nombreux sont les salariés trouvant refuge derrière leur ordinateur portable. Plus besoin de faire face à ses supérieurs hiérarchiques ou de débattre avec ses collègues au détour de la machine à café. Les interactions sociales sont réduites au minimum. Cependant, ce manque d’échanges et l’éloignement des conventions sociales entraîne un certain laisser-aller. La tenue vestimentaire, marqueur social fort, n’a plus lieu d’être. L’apparence perd donc ainsi son importance, ce qui peut entraîner une perte d’estime de soi.

Si les relations de travail prennent de la distance, les personnes touchées par le syndrome de la cabane ont également tendance à s’isoler et à couper leurs relations sociales personnelles, préférant rester seule ou dans un groupe restreint à la famille proche. Si vous pensez être dans ce cas, n’hésitez pas à en parler à un professionnel de santé. Sur Livi, des psychiatres sont à votre écoute pour vous accompagner.

Comment lutter contre le syndrome de la cabane ?

Heureusement, des solutions existent ! Le plus important étant de s’écouter, de faire preuve de patience et de se fixer des objectifs atteignables au quotidien.

Veillez dans un premier temps à garder un rythme :

  • levez-vous et couchez-vous à heure fixe ;
  • préparez-vous comme si vous deviez vous rendre quelque part ;
  • établissez un planning de votre journée.

Petit à petit, vous pouvez intégrer dans votre journée des petites sorties : aller chercher du pain, récupérer un colis, faire quelques pas dans votre quartier, organiser une balade à vélo, sortir votre animal de compagnie dans un parc… Les premiers jours, évitez les files d’attente ou les lieux trop peuplés tels que les transports en commun ou les centres commerciaux. Restez à l’écoute de vos ressentis afin d’éviter toutes attaques de panique. Au fur et à mesure de ces petites sorties quotidiennes, l’anxiété va diminuer. Vous constaterez que la notion de danger n’est pas toujours rationnelle.

Vous pensez souffrir du syndrome de la cabane ?

S’il vous est difficile de mettre en place une quelconque activité, n’hésitez pas à téléconsulter. Sur Livi, des médecins sont disponibles 7j/7 de 7h à minuit pour vous écouter et vous accompagner sans jugement.
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La fatigue fait partie de la vie de parents, mais quand elle est omniprésente et entraîne une distanciation, de l'irritation, voire de l’évitement par rapport à ses enfants, il est utile de s’interroger sur les sentiments que l’on ressent. Le regret parental est cependant à différencier du burn-out parental. Concept dérivé du burn-out professionnel, le burn-out parental est la conséquence d’une astreinte à répondre à toutes les exigences de la société et d’un effacement au profit des enfants. Il est très souvent corrélé à un désir de perfectionnisme qui génère des frustrations. Quelles en sont les causes ? Si le burn-out parental peut être temporaire et ne provoquer aucun remords à long terme, la probabilité de ressentir des regrets face au rôle de parent est souvent le résultat d’un écart entre les ressources (psychologiques, familiales, financières…) dont disposent les parents et les exigences liées à l’éducation des enfants. Le surmenage Course à la réussite, injonctions contradictoires, partage entre vie de famille et vie professionnelle… Nombre de parents peuvent se sentir épuisés et culpabilisés sous le poids de leurs obligations. Même s’ils sont dévoués à leurs enfants, ils peuvent se sentir impuissants et avoir l’impression de manquer de soutien. Des études récentes montrent que les pères et mères surmenés sont plus disposés à négliger leurs enfants, voire à se montrer violents envers eux. Cela peut malheureusement avoir des conséquences néfastes sur leurs enfants, qui ont alors davantage de risques de souffrir de dépression ou d’anxiété. La pression sociale Compétition entre parents, éducation bienveillante, communication positive et images idéalisées sur les réseaux sociaux : certains parents n’arrivent plus à assumer leurs choix éducatifs et finissent par ne plus vouloir être parents parce qu’ils n’assurent pas leur rôle à la perfection. 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Tout le monde peut appeler le 119 : les enfants et adolescents confrontés eux-mêmes au danger ou appelant pour un autre enfant qu’ils connaissent, et les adultes préoccupés par une situation d’enfant en danger dans leur entourage. Les appels des mineurs sont traités en priorité, et le service est joignable 24h/24, 7j/7, gratuit et confidentiel. Des solutions pour surmonter le regret parental Reconnaître que l’on souffre Reconnaître que l’on souffre est un premier pas indispensable pour être indulgent avec soi-même et ne pas s’imposer plus de pression : s’astreindre à se détendre ou à s'occuper de soi serait contre-productif. Accepter l’imperfection peut également être salvateur : être humain, c'est aussi faire des erreurs. En parler à ses proches Ne pas subir cette souffrance seul peut énormément aider. Parler de ces doutes et de son ressenti en tant que parent à vos proches peut constituer un soutien essentiel dans cette épreuve. 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