Hyperphagie boulimique – symptômes, causes et traitement

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L’hyperphagie boulimique est un trouble alimentaire courant mais encore mal connu. Il peut entraîner une grande souffrance psychologique et des complications physiques s’il n’est pas pris en charge.

Qu’est-ce que l’hyperphagie boulimique ?

L’hyperphagie boulimique, aussi appelée binge eating disorder (BED), est un trouble du comportement alimentaire (TCA) caractérisé par des épisodes récurrents de consommation excessive d’aliments, en l’absence de comportements compensatoires comme le vomissement ou le jeûne.

On parle de boulimie lorsque les crises hyperphages sont associées à des comportements compensatoires (vomissements, utilisation de laxatifs...).

Cette absence de compensation amène souvent à une prise de poids, pouvant être importante. Ces crises se déroulent dans un sentiment de perte de contrôle, suivi d’un profond mal-être. Ce trouble peut concerner des personnes de tout âge, hommes comme femmes même si les hommes sont le plus souvent touchés.  

Quels sont les symptômes de l’hyperphagie boulimique ?

Ce trouble se manifeste principalement par des crises alimentaires incontrôlées et une grande détresse psychologique : 

  • Consommation rapide et excessive d’aliments, souvent sans sensation de faim ;

  • Incapacité à s’arrêter pendant une crise, malgré l’envie d’y mettre fin ;

  • Crises vécues en secret, par honte ou culpabilité ;

  • Mal-être important après l’épisode (culpabilité, honte, anxiété

  • Absence de comportements visant à compenser (pas de vomissements, de jeûne, de prise de laxatifs ou de sport excessif).

Ces épisodes peuvent survenir plusieurs fois par semaine, souvent en fin de journée ou la nuit. Ils sont associés à une grande souffrance émotionnelle et peuvent s’installer dans la durée sans accompagnement.  

Quelles sont les causes de l’hyperphagie ?

Les origines de l’hyperphagie sont multiples et souvent entremêlées : 

Facteurs psychologiques :

  • Troubles anxieux ou dépressifs 

  • Difficultés à réguler les émotions 

  • Antécédents de traumatismes ou d’abus 

  • Faible estime de soi 

  • Dysfonctionnements dans les circuits de la récompense 

 Facteurs biologiques :

  • Prédispositions génétiques 

  • Déséquilibres hormonaux liés à la faim ou la satiété 

Facteurs sociaux et environnementaux :

  • Pression liée à l’image corporelle 

  • Régimes alimentaires stricts et répétés 

  • Événements de vie difficiles (deuil, rupture, stress professionnel) 

L’ensemble de ces facteurs peut déclencher ou entretenir le trouble, surtout en l’absence de soutien. 

Diagnostic et traitement

Le diagnostic de l’hyperphagie boulimique est posé par un professionnel de santé, souvent à l’issue d’un entretien clinique. Il repose sur la fréquence des crises (au moins une par semaine sur trois mois), le sentiment de perte de contrôle, l’absence de comportements compensatoires et la souffrance ressentie.  

La prise en charge repose en priorité sur une psychothérapie, notamment la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), qui a démontré son efficacité. D’autres approches comme la pleine conscience ou la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) peuvent également aider.  

Les traitements antidépresseurs ou la lisdexamfétamine, un médicament également employé chez les patients présentant des troubles déficitaires de l’attention, sont parfois utiles pour réduire le nombre de crises.  Un accompagnement diététique, adapté et non restrictif, permet également de retrouver une relation plus sereine avec l’alimentation.  

Quelles sont les conséquences possibles ?

Si elle n’est pas prise en charge, l’hyperphagie peut avoir des répercussions importantes : 

Sur le plan physique 

Sur le plan psychologique 

Conseils pour mieux vivre avec l’hyperphagie

Certaines stratégies peuvent aider à limiter les crises et à retrouver un équilibre : 

  • Éviter les régimes restrictifs, qui aggravent souvent le trouble 

  • Manger à heures régulières, pour stabiliser les signaux de faim et de satiété 

  • Apprendre à repérer les déclencheurs émotionnels (stress, solitude, ennui…) 

  • Pratiquer la pleine conscience pendant les repas 

  • Se faire accompagner par un professionnel dès les premiers signes 

  • Ne pas rester seul·e : en parler à un proche ou rejoindre un groupe de soutien 

 

Quand consulter ?

Il est conseillé de consulter si les crises sont fréquentes, sources de souffrance, ou si le comportement alimentaire perturbe la vie quotidienne. Une prise en charge précoce permet souvent d’éviter des complications physiques et psychologiques durables.  

Comment Livi peut vous accompagner

Chez Livi, nos médecins généralistes, psychiatres et psychologues sont à votre écoute pour : 

  • Établir un premier diagnostic 

  • Proposer un accompagnement adapté, sans jugement 

  • Vous orienter vers une prise en charge spécialisée 

Questions fréquemment posées sur l'hyperphagie boulimique

Bien que la thérapie psychologique soit le traitement de première intention, certains médicaments peuvent être envisagés en complément.

Les antidépresseurs de type ISRS peuvent être prescrit en cas de refus de TCC ou d'indisponibilité d'un thérapeute, de préférence exprimée clairement par le patient ou évidemment en cas de dépression associée.

Le dimésylate de lisdexamfétamine est approuvé aux USA dans la prise en charge du BED. Il agit en réduisant la fréquence des crises, en modulant les circuits de la récompense et de l’impulsivité. Cependant, son utilisation doit être strictement encadrée par un professionnel de santé en raison de ses effets secondaires potentiels et de son statut de stimulant.

Oui, plusieurs associations proposent des groupes de parole pour les personnes concernées. Par exemple, l'association Enfine organise des groupes en présentiel à Paris et en visioconférence pour les personnes résidant en dehors de l'Île-de-France.

Ces espaces permettent d'échanger avec d'autres personnes vivant des situations similaires, favorisant ainsi le partage d'expériences et le soutien mutuel. Participer à un groupe de soutien peut être un complément précieux à une prise en charge thérapeutique individuelle.

L'hyperphagie boulimique se distingue principalement par l'absence de comportements compensatoires après les crises (comme les vomissements, le sport ou l'usage de laxatifs), contrairement à la boulimie.

De plus, les personnes souffrant d'hyperphagie boulimique peuvent présenter un surpoids, ce qui diffère des autres troubles. Le diagnostic précis nécessite une évaluation approfondie par un professionnel de santé.

Le soutien des proches joue un rôle crucial dans le processus de guérison. Voici quelques conseils :

  • Écoute bienveillante : Encouragez la personne à exprimer ses sentiments sans jugement.
  • Évitez les commentaires sur le poids ou l'alimentation, qui peuvent renforcer la culpabilité ou la honte.
  • Informez-vous sur le trouble pour mieux comprendre les défis auxquels la personne est confrontée.
  • Encouragez la consultation d'un professionnel de santé, sans forcer, en respectant le rythme de la personne.
  • Proposez un accompagnement, comme l'assister lors des rendez-vous médicaux ou thérapeutiques.

Des associations comme la Fédération Française Anorexie Boulimie (FFAB) offrent également des ressources et des lignes d'écoute pour les proches.

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