Le développement des bébés et des enfants nécessite un sommeil quotidien réparateur. Mais on le sait, le sommeil chez les tous petits n’est pas forcément facile. Dans cet article, nos médecins vous aident à comprendre le sommeil de votre enfant et vous conseillent pour l’aider à bien dormir.
En bref
Le sommeil est essentiel au développement du bébé et de l’enfant, notamment pour la croissance, la mémoire et l’équilibre émotionnel.
Les besoins et les cycles de sommeil évoluent avec l’âge. Des réveils nocturnes restent fréquents et souvent normaux, surtout chez le nourrisson.
Une routine de coucher régulière et un environnement calme favorisent un sommeil de qualité. En cas de troubles persistants, un avis médical est recommandé.
Pourquoi l’enfant a-t-il besoin de sommeil ?
Le besoin de sommeil est essentiel chez l’Homme dès l’apparition du système nerveux primitif. Le corps a besoin de dormir pour “récupérer” des efforts physiques, psychologiques et intellectuels. Le sommeil impulse plusieurs mécanismes physiologiques : sécrétions hormonales, régénération cellulaire (peau, muscles…), mémorisation, etc, afin de préparer le corps à l’état éveillé lors de la journée suivante.
Ce besoin de sommeil est d’autant plus vrai pour un enfant, encore en plein développement, pour qui dormir permet de :
- Maintenir la vigilance à l’état de veille (évite le risque de somnolence et de troubles de l’attention) ;
- Maintenir la température corporelle stable pendant 24h ;
- Reconstituer des stocks énergétiques des cellules musculaires et nerveuses ;
- Produire des hormones, en particulier l’hormone de la croissance et de la mélatonine (hormone du sommeil) ;
- Réguler les fonctions essentielles telles que la glycémie ;
- Stimuler mes défenses immunitaires ;
- Favoriser mécanismes d’apprentissage et de mémorisation.
Comprendre les cycles de sommeil de l'enfant, selon son âge
Le nouveau-né de 0 à 2 mois
La fréquence et l’organisation des phases de sommeil se structurent au cours des 4 à 6 premières semaines du nouveau-né. De manière générale :
- Un nourrisson dort environ 16 à 17h par jour : certains bébés peuvent même dormir jusqu’à 20h par jour à leur naissance ;
- Les cycles de sommeil sont très nombreux au sein d’une journée (18 à 20 cycles par jour pour un nouveau-né), car ils sont très courts par rapport au cycle de sommeil de l’adulte (de 50 à 60 minutes par cycle, contre 90 à 120 minutes pour un adulte) ;
- Le rythme de réveils peut aussi dépendre de l’alimentation : un nouveau-né allaité au sein exclusivement aura des besoins plus fréquents par rapport à un nouveau-né alimenté avec une préparation infantile.
Un cycle de sommeil ne se compose que de deux phases après l’endormissement :
- Le sommeil agité : l'enfant bouge, s’agite, pleure ou cligne des yeux. Pourtant, il est bien endormi mais l’activité de son cerveau est intense ;
- Le sommeil calme : ses yeux sont bien fermés. C’est pendant cette phase que l’hormone de croissance est sécrétée et que votre bébé grandit.
Lorsqu’il ne dort pas, le nouveau-né “dépense” son énergie lors des moments de jeux et de relation parent-bébé. Les prises alimentaires à heures régulières, l’alternance lumière-obscurité ainsi que d'autres routines, structurent progressivement le sommeil pour l’adapter au rythme jour-nuit.
Le nourrisson de 2 à 9 mois
Dès 3 mois, le sommeil agité fait place au sommeil paradoxal, rencontré chez l’adulte, pendant lequel le bébé rêve. Le sommeil calme est remplacé par le sommeil lent, comme chez l’adulte. Le cycle dure 70 minutes grâce à l'arrivée du sommeil lent profond, pendant lequel le bébé dort profondément. Il peut ensuite enchaîner avec un autre cycle de sommeil (sommeil paradoxal, sommeil lent puis sommeil lent profond).
C’est environ vers le 4ème mois que l’enfant commence à faire des nuits avec moins de réveils nocturnes. Bien sûr, tous les enfants sont différents et de nombreux facteurs peuvent impacter leur sommeil : la sensibilité aux bruits, une routine de sommeil instable, trop de lumière... Certains enfants ne font pas de nuits sans aucun réveil avant plusieurs années. Ce n’est pas un motif d’inquiétude particulière, sauf si vous avez l’impression que votre enfant a mal, que la courbe du poids ne progresse pas, qu’il a des pleurs inconsolables, ou, bien sûr, si vous vous sentez épuisés et vous avez besoin d’aide ou de conseils.
À partir de 6 mois, l’endormissement du bébé devient de plus en plus long comme chez l’enfant et l’adulte.
Le cycle du sommeil de l’enfant
À partir de 9 mois, le sommeil de l’enfant ressemble de plus en plus à celui d’un adulte et se décline en sommeil lent léger - sommeil lent profond - sommeil paradoxal.
Dès l’âge d’un an, la plupart des enfants n’ont plus systématiquement besoin d’une sieste matinale et vers l’âge de 2 ans, ils ne se contentent généralement que de leur sieste de l’après-midi (pouvant durer 2 ou 3 heures). Il est conseillé d’éviter de trop approcher cette sieste de l’heure du coucher.
Entre 3 et 6 ans, les enfants arrêtent, à leur rythme et selon leurs besoins, de faire la sieste.
Dès 6 ans, la nuit est normalement stable sans réveil nocturne.
De combien d’heures de sommeil mon enfant a-t-il besoin ?
La fondation du sommeil a mis en place des recommandations concernant le nombre d’heures de sommeil nécessaires en fonction de l’âge. Ces valeurs peuvent varier d’un enfant à l’autre en tenant compte de l’état de santé général de l’enfant, de ses activités quotidiennes et de ses habitudes de sommeil.
Ces recommandations ont été établies grâce à une étude d’une durée de 9 mois dirigée par des professionnels de la santé de divers domaines. L’objectif était de démontrer les effets de la durée du sommeil sur différents éléments de la santé, comme les maladies cardiovasculaires, la dépression, les douleurs diverses et le diabète.

Les troubles du sommeil du bébé
Généralement, le bébé fait ses premières nuits complètes à partir de 4 mois. Mais il arrive que les enfants puissent avoir des troubles du sommeil, aux causes multiples, qui perturbent leur vie quotidienne et leur bon développement.
Un mauvais sommeil chez l’enfant peut entraîner des conséquences à court et moyen terme comme :
- Des troubles du caractère (TDAH, hypersensibilité, irritabilité...) ;
- Des somnolences au cours de la journée ;
- Des difficultés de concentration et d’apprentissage ;
- Des risques de développer un surpoids.
Insomnie et difficultés d’endormissement
Des phases d’insomnie chez l’enfant correspondent :
- Soit à des difficultés prolongées d'endormissement ;
- Soit à des réveils nocturnes avec difficulté à retrouver le sommeil.
À cause des moments où il s’endort pendant les prises alimentaires, un nourrisson peut associer l’endormissement aux bras de ses parents. Lorsqu’il se retrouve seul dans son lit, il peut alors avoir des difficultés à s’endormir.
L’insomnie chez l’enfant peut aussi être due aux réveils nocturnes entre deux cycles de sommeil. Lorsqu’il est trop jeune pour se rendormir seul, l’enfant appelle ses parents à travers des pleurs afin d’être rassuré.
Si c’est le cas de votre enfant, essayez de le réhabituer petit à petit à s'endormir seul. Évitez de rester à ses côtés jusqu’à ce qu’il s’endorme ou en l’endormant dans votre lit. Cela lui permettra par la suite de se rendormir sereinement lorsqu’il se réveillera en pleine nuit.
En grandissant, un enfant peut vouloir retarder l’heure du coucher en réclamant d’être sorti du lit, une nouvelle histoire ou en prétextant avoir faim puis en pleurant si ses parents ne répondent pas favorablement à ses demandes. Ce phénomène de coucher interminable porte un nom : le syndrome de rappel. Plus l’enfant sera créatif, plus il trouvera des subterfuges pour garder l’attention de ses parents tout en repoussant l’heure du coucher. Pour y remédier, il faut mettre en place une routine du sommeil qui vise à réduire la stimulation au profit de la détente. Ces gestes répétés sur le long terme favorisent l’endormissement.
L’hypersomnie
L’hypersomnie est un phénomène rare qui se caractérise par des épisodes de somnolence irrésistible au cours de la journée. Les enfants qui en souffrent ont un sommeil désorganisé et excessif.
Ces phases de sommeil inopinées peuvent facilement entrainer des difficultés de concentration, de l’irritabilité, des mauvaises conduites et un rapport à l’école difficile.
Les parasomnies
Les parasomnies sont des phénomènes physiques indésirables pouvant survenir pendant l’endormissement, au cours de la nuit ou lors de courts réveils. Elles se traduisent par :
- Du somnambulisme ;
- Des terreurs nocturnes ;
- Des cauchemars...
L’insuffisance de sommeil, des horaires de sommeil irréguliers, de la fièvre, la prise de certains médicaments (lithium, phénothiazines, certains antibiotiques) ou l’envie d’uriner peuvent favoriser ces épisodes de parasomnies.
Même si ces phénomènes peuvent être gênants, lorsqu’ils sont ponctuels, ils n’ont pas d’impact direct sur la santé. En revanche, si ces derniers sont trop fréquents et qu’ils altèrent la qualité de vie, une consultation avec un professionnel de santé sera nécessaire. En cas de terreur nocturne, n’essayez pas de réveiller votre enfant, évitez même de lui parler ou de le toucher. Laissez simplement l’état d’agitation passer en surveillant que votre enfant ne tombe pas du lit.
Les enfants peuvent-ils faire de l’apnée du sommeil ?
L’apnée du sommeil est un phénomène qui touche très peu d'enfants (seulement 2% des enfants entre 2 et 6 ans). La plupart du temps, elle est provoquée par des végétations ou des amygdales trop volumineuses. Elle peut également être due au surpoids.
Si votre enfant ronfle bruyamment, que son sommeil est perturbé (réveils fréquents) ou qu’il semble fatigué au cours de la journée malgré de bonnes nuits de sommeil, cela peut-être le signe d'une apnée du sommeil. N’hésitez pas à en parler à un pédiatre ou un médecin.
L’importance d’une routine du sommeil pour bien dormir
Instaurer une routine du sommeil est essentielle pour un enfant afin de favoriser l’endormissement et un sommeil de bonne qualité. Chez les nourrissons, elle leur permet de prendre plus rapidement le rythme jour-nuit qui n’est pas inné.
Cette routine de sommeil s'appuie sur deux principes :
- Le lieu : dès 6 mois, prenez l’habitude de faire dormir votre enfant dans son propre lit et dans un espace dédié au sommeil, un lieu qui lui appartient dans lequel il peut avoir des temps calmes ;
- La répétition des gestes : en répétant les mêmes comportements (lecture, musique douce, temps calme, moment de tendresse...) tous les soirs approximativement à la même heure, il sera plus facile d’intégrer la routine. Évitez toute stimulation excitante comme les jeux, les chatouilles, le sport, les écrans...
N’attendez pas que votre enfant soit irritable ou endormi pour le coucher : il est important qu’il apprenne à s’endormir seul afin de se rendormir seul si jamais il se réveille au cours de la nuit. Au fur et à mesure que votre enfant grandit et qu’il s’adapte à cette routine de sommeil, il deviendra autonome au moment du coucher.


