SANTÉ MENTALE

Regret parental : la fin d’un tabou

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regret parental

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Accueillir un enfant au sein d’un couple, l’élever, l’éduquer, vouloir le meilleur pour lui tout en ne s’oubliant pas : les injonctions de la société et la pression sur les parents se multiplient. Des études récentes en Europe et aux États-Unis montrent qu’entre 5 et 8% des parents regrettent d’avoir des enfants. Les psychologues sur Livi vous expliquent ce qu’est le regret parental.

Qu’est-ce que le regret parental ?

Le regret parental est l’expression d’un sentiment profond de non-satisfaction quant à la vie de parent : les personnes qui en souffrent pensent qu’elles seraient plus heureuses si elles n’avaient pas fait d’enfant. Bien que tabou dans notre société, tous les parents peuvent éprouver des regrets au cours de leur vie, cela n’a rien d’anormal : les contraintes pèsent sur leurs épaules , et leur volonté d’être parfaits se heurte parfois à un quotidien lourd à assumer.

La fatigue fait partie de la vie de parents, mais quand elle est omniprésente et entraîne une distanciation, de l'irritation, voire de l’évitement par rapport à ses enfants, il est utile de s’interroger sur les sentiments que l’on ressent.

Le regret parental est cependant à différencier du burn-out parental. Concept dérivé du burn-out professionnel, le burn-out parental est la conséquence d’une astreinte à répondre à toutes les exigences de la société et d’un effacement au profit des enfants. Il est très souvent corrélé à un désir de perfectionnisme qui génère des frustrations.

Quelles en sont les causes ?

Si le burn-out parental peut être temporaire et ne provoquer aucun remords à long terme, la probabilité de ressentir des regrets face au rôle de parent est souvent le résultat d’un écart entre les ressources (psychologiques, familiales, financières…) dont disposent les parents et les exigences liées à l’éducation des enfants.

Le surmenage

Course à la réussite, injonctions contradictoires, partage entre vie de famille et vie professionnelle… Nombre de parents peuvent se sentir épuisés et culpabilisés sous le poids de leurs obligations. Même s’ils sont dévoués à leurs enfants, ils peuvent se sentir impuissants et avoir l’impression de manquer de soutien. Des études récentes montrent que les pères et mères surmenés sont plus disposés à négliger leurs enfants, voire à se montrer violents envers eux. Cela peut malheureusement avoir des conséquences néfastes sur leurs enfants, qui ont alors davantage de risques de souffrir de dépression ou d’anxiété.

La pression sociale

Compétition entre parents, éducation bienveillante, communication positive et images idéalisées sur les réseaux sociaux : certains parents n’arrivent plus à assumer leurs choix éducatifs et finissent par ne plus vouloir être parents parce qu’ils n’assurent pas leur rôle à la perfection. En effet, les personnalités perfectionnistes ont souvent plus de mal à se percevoir comme de bons parents : elles sont plus enclines à regretter leur décision d’avoir des enfants. Or, comme dans tout domaine, la perfection est inatteignable : il est normal de se tromper et de faire des erreurs, même dans la sphère familiale, l’essentiel étant de savoir les réparer pour qu’elles ne laissent pas de séquelles graves.

Autres causes possibles

On a constaté en Europe une hausse des cas de burn-out parental pendant l'épidémie de Covid-19 : des études réalisées entre 2019 et 2021 montrent en effet que les parents ayant dû consacrer davantage d’attention à leurs enfants ont été particulièrement touchés. Mais beaucoup d’autres facteurs pourraient également contribuer à faire naître des regrets chez les parents, notamment :

  • une forte pression financière : le manque de moyens peut être source de stress pour les parents ;
  • la monoparentalité : les mères et pères célibataires peuvent se sentir isolés et démunis face aux besoins de leurs enfants ;
  • le manque d’affection, le rejet ou les violences subis durant la propre enfance des parents ;
  • une parentalité non désirée : les personnes qui ne désiraient pas avoir d’enfants mais ont accepté pour faire plaisir à leur partenaire, ou encore les femmes devenues mères parce qu’elles n’ont pas pu avoir recours à une IVG, ont plus de difficultés à établir une relation avec leurs enfants et sont plus enclines à se sentir piégées et à éprouver du ressentiment envers eux.

Comment gérer le quotidien lorsqu’on souffre de regret parental ?

Le regret parental peut être une source de souffrance immense pour les parents : ils peuvent se sentir coupables de ressentir ces sentiments négatifs et tabous, n’osent souvent pas en parler à leur entourage par peur du jugement.

L’idéal est de pouvoir prendre un peu de temps pour soi dès que les premiers signes d’épuisement font surface. Cependant, les enfants ont besoin de leurs parents et il faut prendre en compte, malgré la souffrance, les conséquences qui peuvent rejaillir sur eux. On peut également essayer de communiquer avec eux et avec le conjoint, tout en veillant à ne pas altérer leur estime d’eux-mêmes.

La maltraitance psychologique est en effet en légère augmentation en France depuis les épisodes de confinement. Si vous êtes témoin de maltraitance ou avez peur pour un enfant de votre entourage, vous pouvez appeler le 119, le numéro national dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger. Tout le monde peut appeler le 119 : les enfants et adolescents confrontés eux-mêmes au danger ou appelant pour un autre enfant qu’ils connaissent, et les adultes préoccupés par une situation d’enfant en danger dans leur entourage. Les appels des mineurs sont traités en priorité, et le service est joignable 24h/24, 7j/7, gratuit et confidentiel.

Des solutions pour surmonter le regret parental

Reconnaître que l’on souffre

Reconnaître que l’on souffre est un premier pas indispensable pour être indulgent avec soi-même et ne pas s’imposer plus de pression : s’astreindre à se détendre ou à s'occuper de soi serait contre-productif. Accepter l’imperfection peut également être salvateur : être humain, c'est aussi faire des erreurs.

En parler à ses proches

Ne pas subir cette souffrance seul peut énormément aider. Parler de ces doutes et de son ressenti en tant que parent à vos proches peut constituer un soutien essentiel dans cette épreuve. Vos parents, vos amis ou même votre conjoint ont peut-être connu des épisodes similaires : échanger avec eux peut vous déculpabiliser et vous faire entrevoir des solutions. Enfin, faire connaître ce phénomène pourrait également aider à alléger la pression que subissent les parents pour élever leurs enfants, et les adultes en général pour avoir des enfants.

Consulter un professionnel de santé

Les médecins généralistes et les psychologues sont là pour vous écouter et sont aptes à prendre en charge ce syndrome. La psychothérapie est en effet un bon moyen de prendre en charge le burn out parental et le regret parental. Vous pouvez donc en parler à votre médecin traitant, mais si vous préférez vous confier à un autre professionnel de santé, les médecins généralistes, les psychiatres et les psychologues sur Livi sont à votre disposition.

Vous souhaitez consulter un psychologue ?

Quel que soit le trouble qui affecte votre santé mentale, il est conseillé de demander l’avis d’un professionnel afin d'éviter que vos symptômes persistent ou s’aggravent. Consultez un psychologue en ligne quand vous le souhaitez.
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