Ces dernières semaines, le hantavirus a fait parler de lui après un foyer épidémique signalé sur un bateau de croisière dans l’Atlantique. Ce virus, transmis des rongeurs à l’être humain, reste rare en France comme dans d’autres pays européens, mais peut provoquer des infections parfois sérieuses.
De quoi s’agit-il exactement ? Quels sont les symptômes à connaître et comment réduire le risque d’infection ? Nos médecins vous expliquent tout.
En bref
- Le hantavirus est principalement transmis des rongeurs à l’être humain, les hantavirus présents actuellement en Europe ne se transmettent pas entre humains ;
- La contamination se fait principalement via l’inhalation de poussières contaminées par la salive et les excréments des rongeurs ;
- Les symptômes ressemblent souvent à un syndrome grippal ;
- Il n’existe pas de traitement spécifique, mais certaines formes nécessitent une hospitalisation.
Hantavirus : qu’est-ce que c’est ?
Le terme “hantavirus” désigne un groupe de virus transmis principalement par certains rongeurs, notamment les souris et les campagnols.
En Europe, plusieurs espèces virales circulent, dont le virus Puumala, responsable d’une fièvre hémorragique avec atteinte rénale.
La contamination reste rare mais elle peut survenir après un contact avec des lieux fréquentés par des rongeurs, comme des cabanes, caves, greniers, garages ou locaux peu ventilés.
Comment se transmet le hantavirus ?
Le hantavirus se transmet principalement à partir des sécrétions de rongeurs infectés :
- Urine ;
- Salive ;
- Excréments.
La contamination survient le plus souvent lorsqu’une personne inhale de petites particules contaminées présentes dans la poussière. Cela peut arriver, par exemple, lors du nettoyage d’un espace fermé où des rongeurs ont circulé.
Le virus peut également se transmettre par contact direct avec un rongeur infecté ou avec des surfaces contaminées.
Le hantavirus se transmet-il entre humains ?
Dans la grande majorité des cas, non. Les formes de hantavirus présentes en Europe ne se transmettent pas entre humains.
Il existe toutefois une exception : le virus des Andes, présent en Amérique du Sud. Cette espèce virale peut se transmettre entre personnes après des contacts rapprochés et prolongés.
Quels sont les symptômes du hantavirus ?
Les symptômes apparaissent généralement une à plusieurs semaines après l’exposition.
Les signes les plus fréquents sont :
- De la fièvre ;
- Des maux de tête ;
- Des douleurs musculaires ;
- Une fatigue importante ;
- Des nausées.
Certaines formes peuvent également entraîner :
- Des douleurs abdominales ou lombaires ;
- Une diminution du volume des urines.
Qu’est-ce que le virus des Andes ?
Le virus Andes est un hantavirus observé principalement en Amérique du Sud. Il a récemment été médiatisé après plusieurs cas signalés sur un bateau de croisière.
Contrairement aux autres hantavirus, il peut se transmettre entre humains dans certaines situations de contact étroit.
Les premiers symptômes ressemblent souvent à un syndrome grippal :
- Fièvre ;
- Fatigue ;
- Douleurs musculaires ;
- Maux de tête.
Dans les formes plus sévères, une atteinte pulmonaire peut apparaître avec :
- Une toux ;
- Un essoufflement ;
- Une accumulation de liquide dans les poumons.
Existe-t-il un traitement ?
Il n’existe pas de traitement spécifique permettant de guérir le hantavirus. La prise en charge consiste principalement à soulager les symptômes et à accompagner l’organisme pendant la phase de récupération.
Dans les formes légères, le repos, une bonne hydratation et des traitements symptomatiques peuvent être suffisants.
En revanche, une hospitalisation peut être nécessaire en cas de :
- Difficultés respiratoires ;
- Déshydratation ;
- Atteinte rénale ;
- Altération importante de l’état général.
Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter un médecin en cas de fièvre ou de symptômes grippaux après une exposition possible à des rongeurs ou à un environnement contaminé.
Une prise en charge rapide est particulièrement importante si vous présentez :
- Des difficultés à respirer ;
- Une diminution importante du volume des urines ;
- Une forte sensation de malaise ;
- Une aggravation rapide de votre état général.
Comment réduire le risque d’infection ?
Quelques précautions simples permettent de limiter le risque de contamination :
- Aérer les espaces fermés avant de les nettoyer ;
- Privilégier un nettoyage humide plutôt que le balayage à sec ;
- Porter des gants et éventuellement un masque lors du nettoyage de zones à risque ;
- Se laver soigneusement les mains après contact avec des surfaces potentiellement contaminées.


