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Troubles bipolaires : causes et traitement

1% de la population française est touchée par la maladie bipolaire. Elle débute généralement entre 15 et 25 ans, et entraîne un handicap important qui nécessite une prise en charge médicale à vie.

La maladie bipolaire, encore appelée psychose maniaco-dépressive, est une maladie psychiatrique chronique se manifestant par des troubles de l’humeur, comportant une alternance de phases d’agitation, appelées phases maniaques, avec des phases de baisse de l’humeur à type de dépression. Ces épisodes sont entrecoupés de périodes plus sereines pendant lesquelles la personne retrouve une humeur stable.

La maladie bipolaire s’associe fréquemment à d’autres pathologies psychiatriques comme des addictions (alcool, tabac, drogues illicites), des troubles anxieux ou encore des troubles obsessionnels compulsifs.

La maladie bipolaire est constituée de phases maniaques alternant avec des phases de dépression. Il existe, également, des phases dit mixte car au cours d’un même épisode de changement de l’humeur coexistent des éléments maniaques et dépressifs.

Les différents épisodes démarrent en général brutalement et ont une durée allant de 2 semaines à 5 mois environ, leur durée moyenne étant de 4 mois. Ils sont entrecoupés de périodes de rémission pendant lesquelles le patient retrouve une humeur “neutre”, la récupération peut cependant ne pas être totale. Ces périodes de rémission durent plus ou moins longtemps, avec une tendance à diminuer avec le temps en l’absence de traitement.

Les symptômes d’épisode maniaque

Le symptôme principal de l’épisode maniaque est la survenue d’une humeur élevée ou irritable, anormale et persistante, ayant des conséquences dommageables sur l’activité professionnelle, les relations familiales ou amicales.

D’autres symptômes accompagnent l’humeur expansive ou irritable :

  • augmentation de l’estime de soi ou idées de grandeur;
  • diminution du besoin de sommeil;
  • désir de parler constamment;
  • perte du contrôle des idées;
  • difficultés pour se concentrer, l’attention étant trop facilement attirée par des stimuli extérieurs sans importance;
  • agitation psychomotrice et développement d’une obsession pour un domaine en particulier (social, professionnel, scolaire ou sexuel);
  • comportements ou conduites excessifs comme des achats déraisonnables ou des conduites sexuelles inconsidérés.

Les symptômes de l’épisode dépressif

Les symptômes principaux d’une dépression sont l’humeur dépressive présente pratiquement toute la journée et presque tous les jours, une diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir pour des activités habituellement agréables et une réduction de l’énergie.

Des symptômes secondaires accompagnent ces symptômes principaux :

  • perte de la confiance en soi ou de l’estime de soi;
  • sentiments injustifiés de culpabilité ou culpabilité excessive et inappropriée;
  • idées suicidaires récurrentes ou comportement suicidaire;
  • diminution de l’aptitude à penser ou à se concentrer (ressenti ou remarquer par les autres), se manifestant, par exemple, par une indécision ou des hésitations;
  • modification de l’activité physique et psychique, caractérisée par une agitation ou un ralentissement (signalés ou observés);
  • perturbation du sommeil de n’importe quel type;
  • modification de l’appétit (diminution ou augmentation) avec variation de poids correspondante.

On distingue plusieurs types de maladie bipolaire en fonction de la prédominance et de l’intensité des épisodes maniaques ou dépressifs. Par ailleurs, la maladie bipolaire est très variable dans son expression, ce qui conduit très souvent à un retard de diagnostic allant parfois jusqu’à plusieurs années.

Une maladie bipolaire affecte de manière considérable toutes les sphères de la vie de la personne atteinte mais la complication la plus redoutée est l’important risque de suicide.

Nous sommes encore loin d’avoir percé l’ensemble des secrets de la maladie bipolaire, plusieurs facteurs responsables de la maladie ont pu cependant être identifiés.

Ainsi, des anomalies génétiques touchant plusieurs gènes distincts entraineraient une vulnérabilité à la maladie bipolaire, d’où la survenue plus fréquente de celle-ci dans certaines familles. Le risque de développer une maladie bipolaire est 10 fois supérieur à celui de la population générale lorsqu’un parent du premier degré est atteint. D’autres mécanismes impliquants des neuro transmetteurs (médiateurs chimiques entre neurones) ou des anomalies de zones cérébrales définies ont également été mise en évidence.

Chez des personnes ayant une prédisposition pour la maladie bipolaire, certains éléments vont précipiter la survenue de la maladie. Parmi ces éléments déclencheurs, on retrouve :

  • un changement de situation entraînant un stress (décès, déménagement, divorce…);
  • la consommation de toxique: alcool, tabac ou drogues illicites (cannabis);
  • la prise de certains médicaments: corticoïdes;
  • une maladie comme un dérèglement de la thyroïde.

La maladie bipolaire entraîne généralement un vrai handicap pour la personne touchée. __Une prise en charge médicale à vie est indispensable pour l'amélioration de la qualité de vie et pour éviter une éventuelle issue fatale. __

Une fois le diagnostic établi par un médecin psychiatre, un traitement médicamenteux spécifique de la maladie bipolaire va pouvoir être prescrit.

Il fait appel à une classe thérapeutique comprenant les médicaments thymorégulateurs: sels de lithium, valproate de sodium, et certains antipsychotiques atypiques (aripiprazole, olanzapine, quétiapine, rispéridone).

La phase maniaque constitue une urgence thérapeutique pouvant nécessiter une hospitalisation sous contrainte en cas de mise en danger de la personne touchée.
La phase dépressive, quand à elle, est à distinguer des autres type de dépression car son traitement ne relève pas de la prescription d'antidépresseurs usuels. Ils sont même, pour certains, formellement contre indiqués car ils peuvent favoriser un passage en phase maniaque ou un risque suicidaire.

Dans les formes sévères de maladie bipolaire, une thérapie par électrochocs peut être envisagée.

En parallèle de ce traitement médicamenteux, une psychothérapie de soutien comprenant un volet éducatif visant à informer le patient sur sa maladie (détecter les signes d’alerte de passage en phase maniaque, règles hygieno diététiques…) est mise en place.

En cas d’atteinte au patrimoine de la personne malade par des achats compulsifs ou autres investissements inconsidérés, la prise en charge médicale sera complétée par des mesures de protection des biens (sauvegarde de justice ou mise sous curatelle).

Vous devez consulter votre médecin traitant ou psychiatre dès que vous, ou votre entourage, constatez des symptômes d’épisode maniaque ou dépressif.

Une consultation en urgence sera nécessaire en cas de :

  • risque de suicide;
  • risque de violence aiguë envers autrui;
  • idées délirantes;
  • autres pathologies médicales instables;
  • intoxication ou sevrage à des substances psychoactives illicites.

Notre médecin peut suspecter une maladie bipolaire mais il vous réorientera vers une consultation physique avec votre médecin traitant ou dans une structure d’urgence psychiatrique si nécessaire.

Mis en ligne le :
6 octobre 2019
Conseil médical validé par :
Dr. Céline Guyomar,