L’Hépatite C: causes et traitements

L’hépatite C est une infection virale du foie. Le virus responsable de la maladie s’appelle tout simplement le virus de l’hépatite C (VHC).

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Il est aujourd’hui principalement transmis par le sang lors d’injection intraveineuse de drogue. Jusqu’en 1992, l’autre grande cause de la maladie était la transfusion sanguine. D’autres modes de transmission pourraient expliquer les 20% de cas d’hépatite C sans raisons évidentes: les contacts familiaux avec partage de rasoir, brosse à dents, ciseaux à ongles, la voie sexuelle et la transmission mère/enfant.

Il donne initialement une hépatite aiguë, inflammation du foie, guérissant spontanément dans 15 à 30% des cas. Ce qui veut dire que 70 à 85% des hépatites C évoluent vers une forme chronique.

L’hépatite C chronique détruit lentement et silencieusement la structure du foie pouvant mener à l’apparition d’une cirrhose ou d’un cancer. Ce risque d’évolution péjorative est majorée par la consommation d’alcool, une co infection avec le VIH, le surpoids, l'âge et certains facteurs génétiques.

Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C mais le traitement antiviral est très efficace et permet la guérison de la maladie.

Les manifestations aléatoires de la maladie peuvent la conduire à passer inaperçue pendant de longues années, c’est pourquoi le dépistage est important.

Les facteurs de risque d’hépatite C sont:

  • être usagers de drogues par voie intraveineuse ou intranasale,
  • avoir reçu une transfusion sanguine ou une greffe d’organe de tissus ou de cellules avant 1992,
  • être un homme homosexuel,
  • être hémodyalisé,
  • être porteur du VIH.

Initialement réservée aux population à risque d’infection, depuis 2017, la recherche systématique d’une hépatite C est recommandée chez tous les adultes n’ayant jamais été dépistés. Cette décision a fait suite au constat qu’il n’était pas retrouvé de facteur de risque chez 30% des patients diagnostiqués.

L’hépatite C aiguë peut être asymptomatique ou très peu symptomatique ce qui la conduit à passer inaperçue dans 90% des cas.

Lorsqu’elle se manifeste, une fatigue et une coloration jaune orangée de la peau et des yeux, appelée communément jaunisse, sont présentes. Elles peuvent s’accompagner d’une perte d’appétit et d’une douleur au niveau du foie, en haut à droite du ventre, de fièvre ou encore de courbatures.
L’hépatite aiguë dure environ 2 semaines. Elle guérit spontanément dans 15 à 30% des cas. Le principale risque de l’hépatite aiguë est son évolution vers une forme rare mais très grave, appelée hépatite fulminante, pouvant nécessiter une greffe de foie en urgence.

Passée la forme aiguë, lorsque le virus reste dans l’organisme, l’hépatite est dite chronique. Les hépatites chroniques évoluent le plus souvent à "bas bruit" pendant plusieurs années avant que ne surviennent les complications liées à la destruction progressive du foie: cirrhose ou cancer. Cette évolution est plus ou moins lente et plus ou moins symptomatique. Certains facteurs aggravent l’évolution vers la cirrhose du foie: la consommation d’alcool, une co infection avec le VIH ou l'hépatite B et le surpoids.

L’hépatite C chronique peut aussi être associée à un cancer du sang appelé lymphome B.

L’hépatite C est une maladie du foie secondaire à une infection par le virus de l’hépatite C. Ce virus a une attirance particulière pour l’organe le plus volumineux du corps humain. Sa présence entraîne plus ou moins une réaction de destruction des cellules du foie conduisant celui-ci à ne plus pouvoir assurer ses fonctions.

Le foie est un organe vitale. Il assure de nombreuses fonctions dont les principales sont:

  • Le stockage et la répartition des nutriments issus de la digestion,
  • La détoxification de l’organisme avec la dégradation de substances toxiques autoproduites par le corps humain ou externe comme par exemple l’alcool,
  • La fabrication de la plupart des protéines du sang,
  • La production de bile, liquide indispensable à la digestion des graisses.

L’Organisation Mondiale de la Santé a fixé pour objectif l’élimination de l’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) pour 2030. L’élimination est définie comme une diminution de 90 % des nouvelles infections, associée à une réduction de la mortalité liée au VHC de 65 %.

Pour atteindre cet objectif, une prise en charge simplifiée (au plus proche du lieu de vie du patient, sans passage systématique par une structure hospitalière) a été codifiée afin de rendre le traitement accessible au plus grand nombre.

Cette prise en charge simplifiée s’adresse aux patients ayant une infection chronique par le VHC sous certaines conditions:

  • absence de co-infection VHB et ou VIH,
  • absence d'insuffisance rénale sévère,
  • absence de consommation d’alcool à risque,
  • absence de diabète non contrôlé ou d’obésité,
  • absence de maladie du foie sévère,
  • absence d’un précédent traitement de l’hépatite C.

Le traitement repose dans ce cas sur une nouvelle génération d’antiviraux dits “à action directe” qui bloque la multiplication du virus.

On distingue 3 classes en fonction de leurs cibles:

  • les inhibiteurs de protéase NS3A/4A (grazoprévir, voxilaprévir, glécaprévir),
  • les inhibiteurs de la protéine NS5A (lédipasvir, elbasvir, pibrentasvir, velpastavir),
  • les inhibiteurs de NS5B (sofosbuvir).

Deux options de traitement sont actuellement recommandées:

  • Epclusa® (sofosbuvir/velpatasvir) pendant 12 semaines ;
  • Maviret® (glécaprévir/pibrentasvir) pendant 8 semaines.

Une prise régulière du traitement selon les recommandations est indispensable au succès du traitement. Il est généralement bien toléré. Certaines interactions médicamenteuses sont à éviter, elles pourront être recherchée sur HEP drug interactions ou sur l’application smartphone HEP iChart.

Son efficacité est évalué à l’aide d’une prise de sang réalisée 12 semaines après la fin du traitement anti-VHC. Si aucun virus de l’hépatite C n’est retrouvé à cette occasion, la personne est considérée comme guérie.

A savoir

Les causes d’échec des traitements contre le VHC sont essentiellement :

  • une mauvaise observance (le patient ne prend pas son traitement comme indiqué)
  • des interactions médicamenteuses qui diminuent l’efficacité du traitement anti-VHC
  • un arrêt prématuré du traitement
  • l’existence de virus résistant au traitement,
  • une réinfection par le VHC au cours du traitement.
  • une reinfection par le virus de l’hépatite C est possible après guérison, c’est pourquoi les personnes ayant des comportements à risque persistants (usagers de drogues actifs, comportements sexuels à risque) doivent continuer à bénéficier d’un dépistage régulier de l’hépatite C.

Lorsqu’un traitement simplifié ne peut être entrepris, entre autres pour les raisons citées plus haut, la prise en charge doit être adaptée individuellement par le médecin spécialiste. Le traitement pourra alors faire appel à d’autres classes d'antiviraux.

Lorsque les lésions du foie sont trop avancées ou en cas de cancer du foie, le seul traitement reste la greffe de foie. Elle sera accompagnée d’un traitement antiviral avant ou après selon les cas. En France, 30 % des greffes de foie sont pratiquées chez des personnes atteintes d’hépatite C chronique.

La prévention de l’hépatite C:

Elle repose sur la limitation de la transmission par:

  • l’utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels,
  • l’utilisation de matériel d’injection à usage unique pour les usagers de drogue intra veineuses,
  • l’utilisation de matériel à usage unique ou stérile lors de la réalisation de tatouage et piercing,
  • l’absence de partage des objets de toilette pouvant être en contact avec du sang : rasoir, ciseaux à ongles, coupe-ongles, brosse à dents,
  • le dépistage des dons de sang.

Le saviez vous: les préservatifs sont désormais remboursés sur prescription médicale.

Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C.

Nous vous conseillons de consulter en prévention ou pour un dépistage de l’hépatite C si vous n’avez jamais été dépisté jusqu’à présent quels que soient vos facteurs de risque. Nous vous le recommandons d’autant plus vivement que vous appartenez à l’un des groupes suivants:

  • Personnes ayant eu avant 1992 :

une transfusion
une intervention chirurgicale lourde (cardiaque, vasculaire, cérébrale, digestive, pulmonaire, gynéco-obstétricale, rachidienne, prothèse de hanche ou de genou, etc.) ;
séjour en réanimation;
accouchement difficile;
hémorragie digestive;
des soins à la naissance en néonatalogie ou en pédiatrie (grand prématuré, exsanguino-transfusion);
une greffe de tissu, cellules ou organe.
Personnes hémodialysés.

  • Personnes ayant utilisé une drogue par voie intraveineuse ou par le nez (partage du matériel de préparation et d’injection, partage de paille).
  • Enfants nés de mère séropositive pour le VHC.
  • Partenaires sexuels des personnes atteintes d’hépatite chronique C.
  • Hommes ayant eu des rapports sexuels avec des hommes (HSH).
  • Membres de l’entourage familial des personnes atteintes d’hépatite chronique C (partage d’objets pouvant être souillés par du sang tels qu’un rasoir ou une brosse à dents).
  • Personnes incarcérées ou l’ayant été (partage d’objets coupants, pratiques addictives).
  • Personnes ayant eu un tatouage ou un piercing, de la mésothérapie ou de l’acupuncture, réalisés en l’absence de matériel à usage unique ou personnel.
  • Personnes originaires ou ayant séjourné plusieurs années ou ayant reçu des soins (médicaux ou dentaires) dans des pays à forte prévalence du VHC.
  • Patients ayant un taux d’alanine-aminotransférase (ALAT) supérieur à la normale, sans cause connue.
  • Patients séropositifs pour le VIH ou porteurs du VHB.
  • Professionnels de santé en cas d’accident d’exposition au sang.

Nous vous conseillons de consulter un médecin rapidement en cas d’apparition de signe d’hépatite:

  • fièvre, courbature, asthénie,
  • jaunisse (coloration jaune de la peau et du blanc des yeux),
  • urines très foncées associée à des selles décolorées,
  • douleur en haut à droite du ventre.

Nous vous conseillons de consulter en urgences en cas de:

  • jaunisse importante et prolongée,
  • apparition de saignements anormaux,
  • trouble du sommeil,
  • apparition d’une confusion, de somnolence.

Nos médecins Livi peuvent intervenir pour le dépistage de l’hépatite C, en vous prescrivant une prise de sang. Si des signes cliniques d’hépatite sont présents, ils vous ré-orienterons vers une consultation physique pour une prise en charge spécialisée.

Mis en ligne le:
20 mai 2020
Conseil médical validé par:
Dr. Céline Guyomar,