Douleur au genou : causes fréquentes, signes d’alerte et solutions pour la soulager
La douleur au genou, aussi appelée gonalgie, est très fréquente. Elle peut apparaître brutalement après un faux mouvement, une chute ou un effort mais aussi s’installer progressivement dans le temps. Le genou est une articulation très sollicitée au quotidien : marche, escaliers, sport, port de charge, position accroupie…
Dans cet article, nos médecins font le point sur les principales causes de douleur au genou, les signes d’alerte à connaître et les situations où un avis médical est nécessaire.
Pourquoi le genou est-il si souvent douloureux ?
Le genou est une articulation complexe, à la fois stable et mobile qui supporte une grande partie du poids du corps. Il unit le fémur, le tibia et la rotule, et dépend d’un équilibre fin entre os, cartilage, ligaments, ménisques, tendons et muscles. Quand un de ces éléments est inflammé, usé ou blessé, la douleur peut apparaître. L’âge, le surpoids, certains sports, le travail physique, les gestes répétitifs, une mauvaise biomécanique ou des antécédents de traumatisme peuvent augmenter le risque de douleur.
Comment décrire une douleur au genou ?
Avant même de chercher la cause, il est utile de repérer où, quand et comment la douleur apparaît.
Une douleur à l’avant du genou peut évoquer un problème rotulien ou tendineux ;
Une douleur sur le côté peut faire penser à une atteinte ligamentaire ou méniscale ;
Une douleur à l’arrière peut s’observer notamment en cas de kyste poplité ou de douleurs projetées ;
Une douleur diffuse peut s’intégrer dans une arthrose ou une inflammation plus globale.
Le moment d’apparition compte aussi. Il est utile de surveiller si la douleur arrive :
Après un choc ou un mouvement brusque ;
À l’effort ;
Au lever ;
Au repos ou la nuit.
Il est également important de noter si la douleur s'accompagne de gonflement, blocage ou instabilité.
Les causes les plus fréquentes de douleur au genou
L’arthrose du genou (gonarthrose)
L’arthrose touche plus de 10 millions de personnes en France et le genou fait partie des articulations les plus concernées. La gonarthrose est une dégradation progressive du cartilage articulaire. C’est l’une des causes les plus fréquentes de douleur au genou chez l’adulte, surtout après 50 ans. Elle peut apparaître plus tôt suite à un traumatisme ou en cas de surcharge pondérale. Elle se manifeste par de la douleur, une raideur, un gonflement et des difficultés de mobilité. La douleur est souvent mécanique : elle augmente avec l’effort, la marche prolongée ou les escaliers, puis s’atténue au repos. Une raideur au démarrage, notamment le matin ou après une position assise prolongée, est fréquente. Lors des poussées douloureuses, le paracétamol peut être proposé en première intention selon le contexte mais la HAS souligne que la prise en charge de l’arthrose repose d’abord sur des mesures non médicamenteuses :
Activité physique adaptée ;
Perte de poids si nécessaire ;
Kinésithérapie...
Les douleurs liées aux ménisques
Les ménisques sont deux structures fibrocartilagineuses qui aident à stabiliser et amortir le genou. Une lésion méniscale peut survenir après un mouvement de torsion, en sport ou dans la vie quotidienne, surtout si le genou est fléchi au moment du mouvement. La douleur est souvent située à l’intérieur ou à l’extérieur du genou, parfois accompagnée d’un gonflement, d’une sensation de blocage ou d’instabilité.
Chez les personnes âgées, certaines lésions méniscales apparaissent aussi progressivement, sans traumatisme net, dans un contexte d’usure articulaire. C’est pourquoi un “ménisque” douloureux n’est pas toujours lié à une blessure sportive récente.
Les entorses et atteintes ligamentaires
Un traumatisme, une torsion ou un faux mouvement peuvent léser un ligament. La douleur est souvent brutale, avec parfois un gonflement rapide, une difficulté à poser le pied ou une impression que le genou “lâche”. Une instabilité, un craquement au moment du traumatisme ou un genou très gonflé justifient une consultation rapide car l’examen clinique et parfois l’imagerie permettent de préciser l’atteinte.
Les tendinites
Chez les personnes sportives ou très actives, le genou peut devenir douloureux à cause d’une atteinte tendineuse, notamment du tendon rotulien ou quadricipitale. La douleur est souvent localisée, déclenchée par l’effort, les escaliers, la reprise du sport ou certaines flexions répétées.
Les douleurs fémoro-patellaires
Ce sont des douleurs ressenties à l’avant du genou, autour ou derrière la rotule. Elles traduisent un problème d’alignement ou de glissement de la rotule, associé à des facteurs mécaniques comme une faiblesse musculaire ou certaines particularités morphologiques. Elles sont fréquentes chez l’adolescent, le jeune adulte et les sportifs mais aussi chez les personnes qui restent longtemps assises. Elles se manifestent souvent dans les escaliers, en position accroupie ou après un long moment assis, ce qu’on appelle parfois le “signe du cinéma”.
Les autres causes
Il existe des causes non mécaniques à une douleur du genou notamment les causes inflammatoires comme une polyarthrite rhumatoïde, une spondylarthrite ankylosante, la goutte ou une infection du genou. Les signes qui font davantage penser à une cause inflammatoire sont :
Une raideur prolongée au réveil ;
Un gonflement plus marqué ;
Une douleur présente même au repos.
Quand faut-il s’inquiéter ?
Une douleur au genou n’est pas forcément grave mais si la douleur persiste, s’intensifie, ou si le genou devient rouge et gonflé, mieux vaut consulter rapidement. Les principaux signes d’alerte sont :
Un traumatisme récent avec impossibilité d’appui ;
Un gonflement important du genou ;
Un genou rouge, chaud ou très douloureux ;
Une fièvre associée ;
Une sensation de blocage ;
Une instabilité ;
Une douleur persistante malgré le repos.
Que faire en cas de douleur au genou ?
En cas de douleur modérée sans signe de gravité, quelques mesures simples peuvent aider.
Se mettre un peu au repos, sans immobilité totale
Il est utile de réduire temporairement les mouvements qui aggravent la douleur mais l’immobilisation complète n’est pas toujours souhaitable. Dans beaucoup de douleurs mécaniques, garder une activité douce et adaptée aide à préserver la mobilité.
Appliquer du froid après un traumatisme
En cas de choc, de faux mouvement ou de gonflement récent, la glace protégée dans un linge peut aider à limiter la douleur et l’œdème. Cela reste une mesure de confort, mais souvent utile dans les premières heures.
Utiliser un antalgique si besoin
Le paracétamol peut être utilisé en première intention, en respectant les doses et contre-indications. La HAS rappelle que dans l’arthrose, il reste le traitement de première intention lors des crises douloureuses, associé aux autres mesures non médicamenteuses.
Revoir sa posture, ses chaussures, son activité
Dans certaines douleurs chroniques du genou, les habitudes du quotidien comptent beaucoup : escaliers répétés, sport trop intense, posture, chaussures inadaptées, surpoids, faiblesse musculaire. La prise en charge est souvent plus efficace lorsqu’elle combine traitement de la douleur et correction des facteurs favorisants.
Le rôle de l’activité physique
C’est un point important, souvent contre-intuitif : bouger peut aider à avoir moins mal, à condition d’adapter l’activité. En cas d’arthrose, un programme d’activité physique adapté (combinant renforcement musculaire, mobilité articulaire, proprioception et endurance), constitue un traitement de première intention, avec un rapport bénéfice-risque supérieur aux traitements médicamenteux. Cela ne signifie pas “forcer malgré la douleur” mais choisir des activités mieux tolérées :
Marche sur terrain plat ;
Vélo ;
Natation ;
Renforcement ciblé ;
Kinésithérapie si besoin.
Surpoids et douleur au genou : un lien fréquent
Le poids joue un rôle mécanique direct sur le genou. Une situation de surpoids ou d’obésité augmente la charge supportée par l’articulation, en particulier à la marche et dans les escaliers. Cela ne veut pas dire que toute douleur au genou vient du poids, ni que la perte de poids “suffit” à tout régler mais dans une situation de surpoids, une perte de poids, même modérée, peut améliorer les symptômes et faciliter l’activité physique.
Quelles solutions médicales peuvent être proposées ?
Si la douleur persiste ou revient, le médecin peut adapter la prise en charge selon la cause :
Antalgiques ;
Kinésithérapie ;
Imagerie (radiographie, échographie, IRM selon le contexte) ;
Infiltrations dans certains cas ;
Avis spécialisé en rhumatologie, médecine du sport ou chirurgie orthopédique si besoin.
Le choix dépend de l’âge, du type de douleur, du contexte traumatique ou non, du niveau de gêne et de l’examen clinique. Si votre douleur persiste, vous empêche de marcher normalement, s’accompagne d’un gonflement ou d’une rougeur ou survient après un traumatisme, un médecin peut vous aider à en identifier la cause et vous proposer une prise en charge adaptée. Une téléconsultation peut aussi permettre un premier tri, orienter vers une consultation présentielle ou des examens et éviter de laisser traîner une douleur qui mérite d’être évaluée.
En bref
La douleur au genou est très fréquente et peut avoir des causes traumatiques, mécaniques ou inflammatoires.
Les causes courantes incluent l’arthrose, les lésions méniscales, les entorses, les tendinites et les douleurs fémoro-patellaires.
Un genou gonflé, rouge, bloqué, instable ou douloureux après un traumatisme doit conduire à consulter rapidement.
FAQ - Questions fréquentes sur les douleurs au genou
Une douleur au genou sans choc peut être liée à une arthrose, une tendinite ou une lésion méniscale par exemple. Une installation progressive oriente souvent vers une cause mécanique plutôt que traumatique.
Une douleur nocturne n’est pas toujours grave mais elle mérite d’être signalée, surtout si elle s’associe à un gonflement, une rougeur ou une fièvre. Une douleur mécanique classique est souvent plus marquée à l’effort qu’au repos.
Pas toujours. Un repos relatif est utile en phase aiguë mais dans beaucoup de douleurs chroniques, l’activité physique adaptée fait partie du traitement. La HAS insiste sur ce point pour l’arthrose notamment.
Souvent oui, à condition d’adapter l’intensité et le type d’activité. Une marche douce est souvent mieux tolérée qu’une immobilité prolongée, sauf traumatisme récent ou contre-indication médicale.
L’imagerie dépend du contexte. Une radiographie est souvent utile en cas de traumatisme ou d’arthrose suspectée ; l’IRM est réservée à des situations ciblées, notamment pour explorer certaines structures comme les ligaments ou ménisques.