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Maladie d'Alzheimer : causes et traitement

La maladie d’Alzheimer appartient à la famille des maladies dites neurodégénératives qui affectent les cellules nerveuses et plus particulièrement les neurones du cerveau. Elle représente les ⅔ de ces maladies et constitue ainsi la première cause de troubles neuro-cognitifs majeurs (anciennement appelés "démence").

850000 personnes en sont atteintes en France, majoritairement des personnes de plus de 75 ans.

La maladie d’Alzheimer se traduit par des troubles de la mémoire mais également des troubles du langage, de l’orientation, de la parole, de l'exécution et de la coordination des mouvements. Ces troubles évoluent progressivement, avec un retentissement sur le comportement et à terme sur l’autonomie de la personne touchée. Cette évolution est aléatoire et imprévisible.

Bien qu’il n’existe pas à l’heure actuelle de traitement guérissant la maladie, un diagnostic précoce permettra une prise en charge médico-sociale et un accompagnement adapté avec objectif de préserver la qualité de vie et l’autonomie de la personne malade.

En effet, le diagnostic de la maladie d’Alzheimer ne signifie pas l’arrêt de toute vie sociale et intellectuelle, bien au contraire, mais des aménagements pourront être nécessaires.

La maladie d’Alzheimer débute insidieusement par des troubles intellectuels, appelés troubles cognitifs, alors que les fonctions motrices et la vigilance sont conservées.

Le plus souvent, mais non systématiquement, c’est la mémoire qui est touchée la première. D’abord la mémoire des faits récents (détails de la vie quotidienne, emplacements d’objet, nom de personnes), puis celle des faits anciens (dates d’anniversaires des enfants, du mariage, de naissance).

A ces troubles de la mémoire, s’ajoutent, précèdent parfois, des modifications du comportement qui marquent une rupture par rapport au caractère habituel de la personne. Souvent à type de syndrome dépressif (repli sur soi, perte de l’élan vital) ou d’agressivité, ils doivent alerter l’entourage.

A mesure que la maladie évolue, d’autres troubles cognitifs font leur apparition:

  • La désorientation dans le temps (oubli de la date du jour) et dans l’espace (difficultés à s’orienter dans un lieu nouveau)
  • Des troubles des fonctions exécutives affectant les capacités d’organisation et de planification d’une tâche ou entraînant des difficultés pour utiliser un appareil ménager par exemple
  • Des troubles du langage (oubli des mots)
  • Des difficultés pour reconnaître les personnes ou un panneau de signalisation

La maladie d’Alzheimer se caractérise, également, par la survenue de comportements dits perturbateurs: opposition, agitation, agressivité, désinhibition, cris, idées délirantes, hallucinations, troubles du rythme veille-sommeil avec déambulation. Difficiles à vivre pour la personne malade, mais également pour son entourage, ils sont heureusement intermittents et leur intensité varie suivant les épisodes.

Au terme d’une évolution le plus souvent longue et aléatoire, la maladie d’Alzheimer peut conduire à une perte totale d’autonomie.

La maladie d’Alzheimer résulte d’une altération progressive des neurones du cerveau par deux anomalies de mécanismes impliquant des protéines, d’un côté des dépôts anormaux de protéines amyloïdes constituant des plaques séniles et de l’autre une dégénérescence neuro-fibrillaire constituée de protéines tau.

A ce jour, tous les tenants et aboutissants de ces anomalies ne sont pas élucidés et des recherches sont toujours en cours.

Les facteurs de risque de maladie d’Alzheimer :

  • L’âge
  • Les antécédents familiaux de maladie d’Alzheimer
  • Les antécédents de dépression ou d’autres maladies psychiatriques
  • Les facteurs de risque cardio vasculaires non pris en charge (diabète, hypertension artérielle, taux de cholestérol élevé)
  • Les traumatismes crâniens
  • Les anesthésies répétées
  • La sédentarité

Les facteurs retardant l’apparition et l’évolution de la maladie d’Alzheimer :

  • une activité intellectuelle développée
  • une activité professionnelle stimulante
  • une vie sociale active

Il n’existe malheureusement pas, à l’heure actuelle, de traitement permettant de prévenir ou guérir la maladie d’Alzheimer. La prise en charge vise à retarder l’évolution de la maladie et à conserver l’autonomie de la personne le plus longtemps possible. Elle doit être personnalisée et multidimensionnelle.

Actuellement cette prise en charge est principalement basée sur les traitements non médicamenteux comprenant mesures d’ hygiène de vie, activités et dispositions médico-sociales.

Ainsi, la mise en place d’aides à domicile améliore la qualité de vie et prolonge le maintien à domicile. La prise en charge psychologique ou psychiatrique aide le patient et l’entourage à faire face aux bouleversements psychologiques engendrés par la maladie. La prise en charge orthophonique vise à maintenir et à adapter les fonctions de communication du patient (langage, parole et autres). La stimulation cognitive comprend la réalisations d’activités en rapport avec la vie quotidiennes et avec les activités habituelles de la personne. L’entretien de l’activité motrice grâce à des d’activités physiques adaptées est fondamentale.

Enfin des interventions comme la musicothérapie, l’aromathérapie, la stimulation multisensorielle, la thérapie assistée d’animaux, les massages et autres thérapie de bien-être peuvent venir compléter l’arsenal thérapeutique non médicamenteux.

En ce qui concerne le volet médicamenteux du traitement de la maladie d’Alzheimer, il comprend des traitements spécifiques au nombre de 4 : le donépézil (Aricept), la rivastigmine (Exelon) et la galantamine (Reminyl) et la mémantine (Ebixa). Faute de bénéfices suffisamment visibles, ils ont été déremboursés. Ils permettraient tout de même de retarder l’évolution de la maladie.

Les autres traitements médicamenteux sont en rapport avec les comportements perturbateurs présents dans la maladie d’Alzheimer et sont à adapter aux différents comportements et à leur sévérité.

Nous vous conseillons de consulter dès l’apparition de troubles cognitifs persistants et ayant un retentissement sur votre vie quotidienne, constatés par vous même ou par votre entourage :

  • Trouble de la mémoire
  • Difficultés d'orientation temporo-spatiale,
  • Difficultés à trouver ses mots
  • Difficultés à utiliser des objets
  • Difficultés à s'organiser
  • Difficultés à planifier

Surtout s’ils sont associés à une anxiété, des troubles du caractère, du comportement, du sommeil ou encore de l'alimentation récents.

Des tests simples de dépistage pourront être effectués par votre médecin traitant. En fonction des résultats de ces tests, il pourra vous proposer un suivi pour une nouvelle évaluation comparative 6 à 12 mois plus tard ou vous adresser chez un médecin gériatre ou neurologue pour une prise en charge spécialisée si nécessaire.

Les médecins sur LIVI peuvent suspecter une maladie d’Alzheimer mais il vous reorienterons vers une consultation en présentiel afin que des tests de dépistage et un examen clinique soient réalisés.

Mis en ligne le :
23 septembre 2019
Conseil médical validé par :
Dr. Céline Guyomar,