Rhizarthrose – Arthrose du pouce
Vous ressentez des douleurs et une raideur au niveau du pouce qui compliquent les gestes du quotidien (ouvrir un bocal, tourner une clé, utiliser un smartphone...) ? Il s'agit peut-être de rhizarthrose, une forme d'arthrose spécifique qui touche l'articulation située à la base du pouce. Bien qu'il s'agisse d'une maladie chronique, de nombreuses solutions existent pour soulager la douleur, préserver la force de la main et freiner son évolution. Nos médecins vous disent tout !
Qu'est-ce que la rhizarthrose ?
La rhizarthrose désigne l'arthrose de l'articulation trapézo-métacarpienne, située à la base du pouce (entre le poignet et la paume). Le pouce est un doigt particulier grâce à sa grande mobilité, qui nous permet de faire la "pince" avec les autres doigts pour attraper des objets. Avec le temps ou à la suite de mouvements répétitifs, le cartilage de cette articulation s'use, devient moins épais et donc moins résistant à la sollicitation Les os frottent alors par endroit, presque directement l'un contre l'autre, ce qui provoque une inflammation, des douleurs et parfois une déformation progressive de la base de la main.
Symptômes de la rhizarthrose
La rhizarthrose s'installe généralement de façon progressive. La douleur est le symptôme qui arrive en premier et se manifeste surtout lors des mouvements de torsion ou de pincement.
Les symptômes fréquents de la rhizarthrose :
Une douleur à la base du pouce, qui s'accentue lors des efforts (serrer un objet, ouvrir une bouteille, écrire) on parle de douleur mécanique. Une raideur matinale peut aussi exister, mais elle est habituellement courte, de quelques minutes ;
Une perte de force dans la main, rendant les objets du quotidien difficiles à manipuler (les objets s'échappent des mains) ;
Un gonflement ou une sensibilité au toucher à la base du pouce ;
À un stade avancé, une déformation visible de la base du pouce (qui prend une forme de "Z" ou de marche d'escalier) et une fonte musculaire de la zone charnue de la paume de la main (éminence thénar).
Autres pathologies de la main
Toutes les douleurs du pouce ou du poignet ne sont pas de la rhizarthrose, d'autres causes sont possibles :
La tendinite de De Quervain : inflammation des tendons du pouce, située juste au-dessus du poignet, très courante lors de mouvements répétitifs ;
Le syndrome du canal carpien : compression du nerf médian au niveau du poignet qui provoque des engourdissements et des picotements dans les premiers doigts de la main, souvent associés à des douleurs nocturnes ;
L'arthrose des doigts : touche les autres articulations des doigts (souvent les phalanges terminales) formant de petits nodules ;
La polyarthrite rhumatoïde : maladie inflammatoire chronique qui touche souvent de manière symétrique les articulations des deux mains ;
Une entorse du pouce : conséquence d’un traumatisme ou à une chute.
Rhizarthrose : causes et facteurs de risque
La rhizarthrose fait partie intégrante des troubles musculo-squelettiques (TMS). Elle est principalement liée à l'usure mécanique de l'articulation, mais plusieurs facteurs augmentent le risque de la développer :
Le sexe et l'âge : elle touche majoritairement les femmes après la ménopause (souvent à partir de 50 ans) ;
La répétitivité des gestes : les métiers ou loisirs qui demandent des mouvements de pince répétés et de la force (couture, coiffure, travail sur ordinateur/clavier, jardinage, maçonnerie) ;
Les facteurs génétiques : il existe souvent une prédisposition familiale à l'arthrose des mains ;
Les traumatismes antérieurs : une ancienne fracture ou une entorse mal soignée au niveau du pouce peut favoriser l'apparition précoce de l'arthrose.
Traitement de la rhizarthrose
Le traitement de la rhizarthrose vise avant tout à calmer l'inflammation et à maintenir la fonction de la main. Pour cela, plusieurs solutions existent :
Le port d'une orthèse : c'est le traitement de référence. Une attelle de pouce rigide portée la nuit (ou souple pendant la journée) permet de mettre l'articulation au repos et de limiter les poussées douloureuses ;
La kinésithérapie : des exercices doux permettent de préserver la souplesse de l'articulation et de renforcer les muscles protecteurs du pouce ;
Les traitements médicamenteux : l'application de gels anti-inflammatoires ou la prise d'antalgiques aide à passer le cap des crises aiguës ;
Les infiltrations : une injection de corticoïdes directement dans l'articulation peut soulager durablement lorsque les douleurs deviennent invalidantes ;
La chirurgie : si les traitements médicaux échouent, plusieurs techniques chirurgicales existes (enlever l’os trapèze, stabiliser le pouce ou poser une prothèse de pouce) pour supprimer la douleur et redonner de la mobilité.
Que pouvez-vous faire vous-même ?
Vous pouvez adapter vos habitudes quotidiennes pour soulager votre pouce et économiser votre articulation :
Ménagez votre articulation : utilisez des outils ergonomiques adaptés (ouvre-bocaux électriques, stylos plus épais, poignées d'outils rembourrées) ;
Appliquez du chaud ou du froid : passez vos mains sous l'eau chaude le matin pour diminuer la raideur, ou appliquez du froid (poche de glace entourée d'un linge) en cas de crise aiguë et de gonflement ;
Faites des pauses : si vous sollicitez beaucoup vos mains (bricolage, tricot, ordinateur), faites des pauses régulières pour étirer et reposer vos pouces.
Quand faut-il consulter un médecin ?
Il est conseillé de consulter un médecin si la douleur au pouce devient chronique (plus de quelques semaines), si elle perturbe votre sommeil ou si elle vous empêche de réaliser les gestes simples de la vie quotidienne.
Consultez rapidement si :
La base de votre pouce devient soudainement très rouge, chaude et gonflée de manière intense, surtout si ces symptômes sont accompagnés de fièvre ;
La douleur fait suite à un traumatisme brutal (chute, choc) et s'accompagne d'une impossibilité totale de bouger le pouce.