Vaccin contre la Covid-19 : ce qu'il faut savoir

Illustration représentant le vaccin Covid-19
Dernière mise à jour le : 8 janv. 2021

La campagne de vaccination du Covid-19 a commencé en France dès le 27 décembre 2020.

Ce démarrage a pu vous questionner et dans cet article, des médecins sur Livi répondent à des questions fréquemment posées concernant le vaccin: qui est prioritaire ? Pourquoi se faire vacciner ou encore que contiennent les vaccins actuellement utilisés ? Nous faisons le point ensemble sur le vaccin contre la Covid-19.

Le vaccin Covid 19 est-il obligatoire?

Non, le vaccin n’est pas obligatoire en France.

Pourquoi se faire vacciner contre la Covid-19 ?

Il est important de se faire vacciner pour se protéger et protéger les autres d’une maladie pouvant se révéler mortelle. En France, la Covid-19 a provoqué plus de 245 000 hospitalisations et plus de 59 000 décès entre fin janvier 2020 et le 15 décembre 2020.

Les personnes les plus sévèrement touchées sont les personnes de plus de 65 ans et les personnes obèses ou fragilisées par certaines maladies chroniques. Mais les personnes plus jeunes sans maladies chroniques, peuvent également avoir une évolution sévère, même si celle-ci est rare. L’infection peut, par ailleurs, entraîner des séquelles, par exemple une fatigue persistante, chez tous les malades, jeunes et moins jeunes.

Les cas sévères nécessitant une hospitalisation font courir le risque d’une saturation des services de soins, en particulier des services de réanimation, ne permettant plus la prise en charge adéquate des malades graves que ce soit de la covid ou d’autres maladies.

Le retentissement des mesures nécessaires pour limiter l’épidémie sur la vie sociale et économique sont importantes et moins il y aura de cas graves plus vite il sera possible de revenir à une vie normale.

Quels sont les vaccins à notre disposition?

Pour l’instant, le vaccin disponible en France est un vaccin utilisant la technique de l’ARN messager. Ce type de vaccin était à l'étude depuis plusieurs dizaines d'années pour d’autres maladies. Grâce aux moyens importants développés dans le contexte de l’urgence de cette épidémie mondiale, la recherche a pu rapidement confirmer l’efficacité et la sécurité de cette technique vaccinale contre la covid sur des essais cliniques ayant concerné des dizaines de milliers de personnes.

Ces études ont montré que, sur 100 personnes vaccinées puis exposées au coronavirus, 95 personnes sont complètement protégées. Les 5 autres développent un COVID-19 qui ne nécessite pas d’hospitalisation. Le vaccin est efficace quels que soient l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle et les éventuelles maladies chroniques.

Comment fonctionne le vaccin à ARN messager contre la covid ?

Une fois injectées dans le corps humain, les bulles de graisses fusionnent avec les cellules qui sont à proximité. Ces cellules lisent le code de l’ARN messager et fabriquent pendant environ 2 jours des protéines-spicules. Ces protéines sont repérées par le système immunitaire qui en réaction produit des anticorps et des globules blancs spécialisés capables de reconnaître rapidement et d’éliminer le coronavirus en cas d’infection.

A savoir: l’ARN messager ne pénètre pas dans le noyau de nos cellules qui contient notre matériel génétique. Il ne peut donc pas affecter le patrimoine génétique.

A savoir également, l’injection est locale et les cellules qui reçoivent l’ARN sont principalement les cellules musculaires. En aucun cas l’ARN ne va jusqu’aux cellules des organes reproducteurs. Il ne peut donc pas être transmis d’une génération à l’autre.

Que contient le vaccin à ARN messager contre la covid?

Le vaccin à ARN messager covid-19 ne contient qu’une petite portion du code génétique du virus nécessaire à fabriquer les protéines en forme de clou appelées spicules qui entourent le coronavirus. __Le vaccin ne peut donc pas provoquer la Covid-19. __

Les ARN messagers sont enfermés dans de minuscules gouttes de graisse pour être injectés dans le corps. Le vaccin ne contient pas d’adjuvants car ils ne sont pas nécessaires pour assurer sa stabilité.

Comment se passe la vaccination ?

La vaccination nécessite deux piqûres dans le bras à 3 semaines d’intervalle.

Combien de temps après la vaccination serai-je protégé-e ?

La protection contre la Covid-19 commence environ deux semaines après la première dose et est complète une semaine après la seconde dose.

Sera-t-il possible d’oublier le coronavirus après la vaccination ?

Pas dans l’immédiat car on ne sait pas encore si la vaccination empêche seulement de tomber malade, ou si elle empêche aussi d’être contagieux. Ainsi, le lavage des mains, la distance sociale ou le port du masque restent pour l’instant recommandés, même aux personnes vaccinées. Rappelons également que ces bonnes habitudes protègent contre d’autres virus comme ceux de la rhinopharyngite, de la bronchiolite ou encore de la gastro entérite virale.

Combien de temps dure la protection après vaccination?

On ne sait pas encore si le vaccin va nous protéger plusieurs mois ou plusieurs années. Ces données seront disponibles avec le temps mais on ne peut exclure qu’un rappel vaccinal soit nécessaire au bout d’un certain temps.

Quels sont les risques du vaccin?

Le laboratoire à l’origine du vaccin disponible en France, ainsi que celui d’un autre vaccin à ARN messager disponibles dans d’autres pays, ont publiés les résultats complets de leurs études. De plus, les campagnes de vaccination ayant débuté dans d’autres pays, ces vaccins sont actuellement administrés à des dizaines de millions de personnes dans le monde.

Dans les 2 à 3 jours suivants la vaccination, des réactions locales à type douleur à l’endroit de la piqûre ont été observées ainsi qu’une fatigue, des maux de tête, des douleurs dans les muscles ou les articulations, parfois des frissons ou de la fièvre. Ces réactions sont généralement légères et disparaissent spontanément après 1 à 3 jours. Elles sont diminuées par la prise de paracétamol.

Le seul risque grave connu est celui d’une réaction allergique, surtout chez les personnes qui ont déjà fait une réaction allergique grave. C’est pourquoi le vaccin n’est aujourd’hui pas recommandé à ces personnes. D’autres risques encore inconnus ne sont pas exclus, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) va en faire le suivi et fera régulièrement le point sur les données d'éventuels effets indésirables. Leurs probabilités sont néanmoins faibles par rapport aux risques que la Covid-19 fait courir aux personnes âgées et aux personnes vulnérables. Ces risques sont aussi plus faibles que ceux des symptômes prolongés parfois observés après un COVID-19 bénin.

A qui s’adresse la vaccination?

En l’absence de certitude quant aux capacités du vaccin à éviter la transmission du virus, les objectifs de la vaccination sont pour l’heure de réduire nettement le nombre d’hospitalisation et de décès et de maintenir les activités essentielles du pays pendant l’épidémie.

Pour ces raisons, une stratégie de priorisation des populations à vacciner en cinq étapes a été établie en s’appuyant sur deux critères principaux: l’existence d’un facteur de risque individuel de développer une forme grave de la maladie et une forte exposition au virus.

  • La première phase de vaccination concerne, de fin décembre à début janvier, les personnes âgées dépendantes résidant en EHPAD et leurs intervenants (soignants, intervenants du secteur médico-social et du transport sanitaire), ainsi que les personnes pour lesquelles les risques liés à la Covid-19 apparaissent majeurs après évaluation médicale par un médecin.
  • Le 5 Janvier 2020, le Ministre des Solidarités et de la Santé a précisé que la campagne de vaccination s’étendait désormais à tous les professionnels de santé de plus de 50 ans, aux pompiers de plus de 50 ans et aux aides à domicile de plus de 50 ans.
  • Une seconde phase devrait commencer courant Janvier et s’étendre jusqu’au printemps impliquant les personnes de plus de 75 ans, puis les personnes de 65 à 74 ans ayant un facteur de risque de forme grave puis toutes les personnes de 65 à 74 ans, ainsi que les professionnels du secteur de la santé, du médico-social et du transport sanitaire, en priorisant les professionnels âgés de plus de 50 ans ou présentant un facteur de risque de forme grave. Les personnes de plus de 75 ans pourront dès le 18 Janvier se faire vacciner.
  • Pour la troisième phase, à partir du printemps, ce sera au tour de l’ensemble des personnes de plus de 50 ans, des moins de 50 ans vulnérables et des professionnels issus des secteurs indispensables au fonctionnement du pays comme les secteurs de la sécurité ou de l’éducation, de se voir proposer la vaccination,
  • La 4ème phase sera celle des personnes fortement exposées au virus du Sars-Cov-2 et qui n’auraient pas été vaccinées antérieurement comme les contacts réguliers du public, les travailleurs exerçant en milieu clos ou les personnes précaires ayant un pronostic moins favorable en cas d’infection par la Covid-19 (résident en hôpital psychiatrique,SDF, détenus...).
  • Enfin, dernière étape de cette campagne de vaccination, celle des personnes de plus de 18 ans sans comorbidité.

A qui la vaccination ne s’adresse-t-elle pas ou pas encore?

Pour l’instant, la vaccination est contre-indiquée pendant la grossesse, l’allaitement et chez les enfants de moins de 18 ans (faute de données suffisantes). En cas de maladie aiguë (fièvre, etc.), il est conseillé de repousser la vaccination. En cas d'antécédent de réaction allergique à un vaccin ou un de ses composants, il est indispensable d’en parler avec un médecin.

En cas d’infection récente à la Covid-19, la vaccination est possible, mais l’immunité acquise après la maladie permet d’attendre 3 mois pour réaliser la vaccination. Une sérologie n’est pas utile avant la vaccination.

Les maladies chroniques ou la prise de médicaments ne constituent pas des contre-indications à la vaccination. En cas d’affections du système immunitaire ou de traitement immunosuppresseur, la protection offerte par la vaccination pourrait être diminuée.

Le vaccin sera-t-il efficace sur les virus mutants?

A priori oui concernant les virus mutants actuellement observés.
Cependant d’autres mutations affectant la protéine spike, cible du vaccin, pourraient voir le jour et rendre le vaccin actuel inefficace. Cela ne devrait pas impacter la technique vaccinale mais il faudra élaborer un vaccin avec un nouvel ARN messager adapté à la situation.

Si vous avez la moindre question concernant le vaccin contre la Covid-19, il ne faut pas hésiter à consulter son médecin traitant. Des médecins sur Livi sont également disponibles pour répondre à vos questions si besoin.

Sources:

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