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Syphilis

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Direction médicale de Livi France

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La syphilis est une infection bactérienne à treponema pallidum. Sa transmission par voie sexuelle lui donne le statut d’infections sexuellement transmissibles (IST). Elle peut également se transmettre de la mère à l’enfant au cours de la grossesse et plus rarement au moment de l’accouchement.

Qu’est-ce que la syphilis ?

La syphilis est une infection bactérienne sexuellement transmissible, qui se propage généralement par contact sexuel, bien qu'elle puisse également être transmise de la mère à l'enfant.

Après l'infection initiale, elle évolue classiquement en trois phases primaire, secondaire et tertiaire, parfois sur des dizaines d’années car elle sait se faire discrète. En l'absence de traitement, la syphilis peut gravement endommager le cœur, le cerveau, l'oeil et d'autres organes.

Alors qu’on la croyait maîtrisée, on assiste depuis les années 2000 en France, à une nouvelle augmentation des cas de syphilis, tout particulièrement dans la population des hommes homosexuels.

La syphilis favorise la transmission du VIH au travers de ses lésions cutanées, porte d’entrée idéale du virus. Lorsque le diagnostic de syphilis est confirmé, il est indispensable d’en informer tous les partenaires sexuels afin qu’ils puissent être dépistés et traités si besoin.

D'où provient-elle ?

Maladie sexuelle transmissible (MST) historique, elle fut introduite en Europe depuis le nouveau monde par les hommes d'équipage de Christophe Colomb. Elle fut ensuite disséminée en Europe par les Mercenaires. Différents noms lui ont été donnés (mal de Naples, grande vérole…) jusqu’à ce que la dénomination syphilis soit arrêtée au XVIIIè siècle.

En raison de présentations cliniques très variables pouvant évoquer d’autres maladies, la syphilis fut surnommée la “grande simulatrice”.

Symptômes de la syphilis

L’infection est actuellement classée en forme précoce (<1an) et tardive (>1 an), classification préférée aux anciennes syphilis primaire, secondaire, tertiaire.

Syphilis Précoce (< 1 an)

Environ 3 semaine après la contamination par la bactérie, apparaît une ulcération cutanée ou muqueuse. Cette ulcération, appelée chancre, caractérise la phase de syphilis primaire. Cette perte de substance cutanée est classiquement superficielle, propre, dure et indolore, ce qui peut la conduire à passer inaperçue. Le chancre peut siéger au niveaux des organes génitaux, pénis (gland, prépuce ou verge) et testicules chez l’homme, vulve, vagin et col de l’uterus chez la femme. Il peut également être localisé au niveau de l’anus et du rectum ou encore de la bouche (lèvres et cavité buccale).
Il est associé à des ganglions non douloureux dont la localisation dépend de celle de l’ulcération.

Le chancre et les ganglions disparaissent spontanément en 3 à 6 semaines pour laisser place à la phase secondaire de la maladie. Elle débute le plus souvent vers la 6ème semaine après le chancre, mais attention celle-ci peut apparaître à distance, jusqu’à 1 an après!

Les symptômes les plus fréquents de la phase secondaire sont cutanés. Ils débutent par une éruption de taches roses au niveau de la peau du tronc, persistant 1 à 2 mois avant de disparaître spontanément. Ensuite, des lésions brunâtres, appelées syphilides, peuvent être observées au niveau de la peau des mains et des pieds, évoluant sur plusieurs mois. Elles sont contagieuses en cas de plaie à leur niveau. Enfin, surviennent des plaques au niveau des muqueuses de la bouche et des organes génitaux qui sont très contagieuses. Plus rarement, une perte de cheveux peut s’associer à ces lésions.

En dehors de la peau, la syphilis secondaire peut toucher les yeux (inflammation de l‘uvée et de la rétine), l’ensemble des ganglions, mais également tous les autres organes (foie, articulations, rein, etc).
Une phase latente sans symptôme fait suite à la syphilis secondaire. Elle se prolonge en début de syphilis tardive.

La syphilis tardive (>1 an)

Passé la phase de latence initiale dont la durée est variable, survient la syphilis dite tertiaire. Cette dernière phase est heureusement devenue rarissime à l’heure actuelle. Elle se manifeste par des lésions des vaisseaux et des os, des lésions spécifiques de la peau appelées gommes.

Au stade secondaire et tertiaire, la syphilis peut atteindre le système nerveux, on parle de neurosyphilis. Ainsi, au stade secondaire, elle peut être responsable d’une méningite et de déficits nerveux localisés. Les manifestations neurologiques du stade tertiaire, à type de démence et troubles psychiatriques, sont devenues exceptionnelles en France.

La syphilis congénitale

On parle de syphilis congénitale en cas de transmission de la maladie de la mère à l’enfant pendant la grossesse au travers le placenta ou plus rarement au moment de l’accouchement lorsque des lésions cutanées sont présentes. Elle est source de fausses couches, de mort in utero, de prématurité, d’une augmentation de mortalité après la naissance et du développement d’une syphilis avec ses complications chez l’enfant contaminé.

Transmission de la syphilis

La syphilis résulte de l’infection par une bactérie : treponema pallidum. Cette MST, lorsque l’on y est exposé, est facile à contracter car très contagieuse. L’homme est l'hôte unique de la bactérie.

La maladie se transmet au cours de rapports sexuels: sexe-bouche, pénétration anale et vaginale, voir au cours d’un simple baiser en cas de lésion intra buccale. Lors d’un rapport non protégé avec une personne contaminée, le risque de développer la maladie est de 30%.

Le chancre est la traduction de la multiplication de la bactérie au niveau de sa porte d’entrée. La syphilis secondaire est liée au passage dans le sang de la bactérie.

Il n’y a pas d’immunité à vie contre la syphilis et une recontamination est possible.

Quel traitement contre la syphilis ?

Le traitement repose sur la prescription d’antibiotiques injectables type pénicilline G. Le nombre d’injections dépend du stade de la syphilis.
En cas d’allergie à la pénicilline, d’autres traitements antibiotiques sont envisagés (doxycycline, ceftriaxone ou azithromycine).
L’utilisation d’un préservatif est indispensable jusqu’à guérison totale des lésions.

Les moyens de prévention

Elle repose sur la limitation de la transmission par l’utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels et par le dépistage des personnes à risque. Il n’existe pas de vaccin contre la syphilis.

Le saviez vous: les préservatifs sont désormais remboursés sur prescription médicale.

Quand se faire tester ?

Le dépistage de la syphilis s’effectue grâce à une prise de sang. Il est conseillé de consulter pour un dépistage de la syphilis si vous :

  • Êtes un homme homosexuel,

  • Êtes travailleur du sexe,

  • Avez une autre infection sexuellement transmise (gonococcie, chlamydiose, VIH, hépatite B…),

  • Fréquentez les travailleurs du sexe,

  • Avez eu plusieurs partenaires dans l’année

  • Avez été victime de viol

  • Êtes un prisonnier.

Nous vous conseillons de consulter un médecin rapidement en cas d’apparition:

  • D’une ulcération génitale, anale ou de la bouche,

  • D'éruption cutanée,

  • De rapport à risque avec une personne porteuse de la syphilis.

Le dépistage est également obligatoire lors de la première prise de sang en cas de grossesse.

Que peut faire Livi pour vous ?

Nos médecins Livi peuvent intervenir en prévention de la syphilis, en vous prescrivant un bilan de dépistage et en vous conseillant.
Ils peuvent faire le diagnostic de syphilis devant des lésions typiques mais la prise en charge et le traitement de la syphilis nécessite une consultation physique. Ils vous réorienterons alors vers une prise en charge spécialisée.

Questions fréquemment posées sur la syphilis

Oui, la syphilis ne confère pas d’immunité après une première infection. Une personne guérie peut être à nouveau contaminée si elle est exposée à la bactérie Treponema pallidum. C’est pourquoi il est essentiel d’adopter des mesures de prévention, notamment l’utilisation systématique du préservatif et un suivi médical en cas de rapports à risque.

Une nouvelle infection suit le même cycle évolutif avec un chancre initial, puis une possible progression vers des formes plus avancées si elle n’est pas traitée à temps.

Le délai d’incubation de la syphilis varie généralement entre 10 et 90 jours, avec une moyenne d’environ 3 semaines après l’exposition. La première manifestation est le chancre syphilitique, une ulcération indolore qui apparaît à l’endroit où la bactérie est entrée dans l’organisme.

Certains patients peuvent être porteurs sans symptômes visibles pendant plusieurs semaines.

Certaines phases de la syphilis, notamment la syphilis primaire et secondaire (les premières phases de la maladie, durant la première année d’évolution), peuvent sembler disparaître spontanément, car les symptômes (comme le chancre ou les éruptions cutanées) régressent d’eux-mêmes.

Cependant, cela ne signifie pas que la bactérie a été éliminée du corps. Sans traitement, la syphilis peut évoluer vers des formes plus graves, atteignant le système nerveux, le cœur et d’autres organes. Seul un traitement antibiotique adéquat peut éradiquer définitivement l’infection.

Le dépistage de la syphilis repose principalement sur des tests sanguins. Deux types de tests sont couramment utilisés :

  • Les tests tréponémiques (ex. : test ELISA, TPHA, FTA-Abs) qui détectent des anticorps (la réponse de notre organisme) spécifiques à la syphilis et restent positifs même après guérison. Ils permettent de savoir qu’un patient a eu ou a la syphilis, mais ne renseignent pas sur une infection en cours.

  • Les tests non tréponémiques (ex. : VDRL, RPR) qui mesurent l’activité de l’infection et permettent de suivre l’évolution sous traitement.

Un examen du liquide céphalorachidien peut être réalisé en cas de suspicion de neurosyphilis.

Ces tests sont très fiables, mais un dépistage trop précoce (moins de 10 jours après l’exposition) peut donner un faux négatif. Il est donc recommandé de consulter un médecin pour déterminer le meilleur moment pour se faire tester.

Oui, après la phase secondaire, la syphilis entre dans une phase latente, qui peut durer plusieurs années sans aucun symptôme visible. Certaines personnes resteront asymptomatiques à vie, mais d’autres développeront, parfois après plusieurs décennies, une syphilis tertiaire avec des atteintes neurologiques et cardiovasculaires graves.

Le risque de transmission est plus faible dans la phase tardive, mais la bactérie reste présente dans l’organisme. C’est pourquoi un dépistage et un traitement précoce sont essentiels, même en l’absence de symptômes apparents.

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