SURPOIDS ET OBÉSITÉ

Pourquoi la gestion du poids n’est pas qu’une question de volonté ?

Dernière mise à jour le:

Besoin d'un avis médical ?

Prendre rendez-vous

Les personnes en situation de surpoids ou d’obésité s’entendent souvent dire qu’il suffirait de manger moins ou de faire plus de sport pour retrouver une meilleure santé. Pourtant, s’il est vrai que l’alimentation et l’activité physique jouent un rôle important dans la gestion du poids, des facteurs médicaux sont également à prendre en considération. Contrôler son poids peut être complexe. Pour les personnes en situation de surpoids et d'obésité, une approche et une prise en charge pluriprofessionnelle sont nécessaires. Nos médecins vous présentent quatre raisons pouvant expliquer la prise et la perte de poids, indépendamment de la volonté des patients.

Surpoids et obésité : un problème de santé

Le surpoids et l’obésité correspondent à une accumulation excessive de graisse corporelle pouvant nuire à la santé. On distingue généralement le surpoids et l’obésité à l’aide de l’indice de masse corporelle (IMC), un indicateur calculé à partir du poids et de la taille. On parle de surpoids lorsque l’IMC est supérieur ou égal à 25 et d’obésité lorsqu’il est supérieur ou égal à 30. (Source : ameli.fr)

Depuis 1997, l’OMS reconnaît l’obésité comme une maladie chronique. Cela signifie qu’elle ne relève pas simplement d’un choix ou d’un manque de volonté, mais d’un ensemble de facteurs biologiques, psychologiques, environnementaux et sociaux. Réduire le surpoids ou l’obésité à une question de discipline est non seulement inexact, mais aussi préjudiciable. Cette vision peut renforcer la culpabilité, retarder l’accès aux soins et empêcher de comprendre les mécanismes complexes qui régulent le poids.

Raison n°1 : Les facteurs génétiques

Des gènes qui influencent l’appétit et la satiété

La génétique peut jouer un rôle majeur dans la régulation du poids et nous ne sommes pas tous égaux face à cela. Certaines personnes portent des variations génétiques qui modifient la façon dont leur cerveau perçoit la faim, l’appétit, la satiété ou le plaisir lié à l’alimentation. Par exemple, des anomalies dans les gènes associés à la leptine (hormone de la satiété) peuvent empêcher la sensation d’avoir assez mangé, même après un repas complet. La génétique peut également avoir un impact sur le métabolisme énergétique, le stockage des graisses, la thermogenèse et même les comportements alimentaires.

Le métabolisme

Le métabolisme basal (la quantité d’énergie que le corps dépense au repos) n’est pas identique d’une personne à l’autre. Il varie en fonction du poids, de l’âge et de la taille mais chez certaines personnes il est naturellement plus faible, ce qui signifie qu’elles brûlent moins de calories que d’autres personnes, à activité égale et à corpulence similaire. Cela peut expliquer pourquoi deux personnes qui mangent “la même chose” et font “le même sport” n’auront pas du tout la même évolution pondérale.

La “mémoire du poids”

Lorsqu’une prise de poids survient, le nombre d’adipocytes (cellules graisseuses) augmente, en particulier lors de prises de poids importantes ou à un âge jeune. Ces adipocytes, une fois créés, ne disparaissent plus : en cas de perte de poids, ils se vident mais restent présents. Ils ont alors tendance à se remplir plus rapidement lors d’un nouvel excès calorique, ce qui favorise la reprise de poids. Cela explique pourquoi la perte de poids est souvent plus difficile après une reprise de poids et pourquoi la prévention et la stabilisation pondérale sont essentielles.

Les schémas familiaux

Avoir eu des parents obèses multiplie par trois le risque d’être obèse à l’âge adulte. (Source : Académie de médecine, novembre 2015). L’aspect héréditaire n’est cependant pas une fatalité mais il rend simplement le terrain plus propice à une prise de poids importante.

Les habitudes alimentaires, les rythmes de repas, la taille des portions, le rapport au plaisir et à la contrainte, ainsi que le niveau d’activité physique se transmettent en grande partie au sein de la famille dès l’enfance. Les repas familiaux structurés jouent un rôle protecteur, tandis que leur absence, la désorganisation des repas, le grignotage et l’alimentation émotionnelle favorisent la prise de poids.

Le contexte social (niveau socio-économique, contraintes professionnelles, stress, accès à une alimentation de qualité, normes culturelles) influence fortement les comportements alimentaires.

Le surpoids et l’obésité ne relèvent donc pas uniquement de choix individuels, mais d’un environnement familial, social et culturel qui conditionne durablement le rapport à l’alimentation et au corps.

Raison n°2 : Les hormones

L’organisme ne régule pas le poids de manière mécanique. Il fonctionne à travers un ensemble d’hormones qui pilotent la faim, la satiété, le stress, le stockage des graisses et la dépense énergétique. Quand cet équilibre se dérègle, la volonté seule n'est pas suffisante.

La leptine et la ghréline

  • La leptine est l’hormone de la satiété. Lorsque son action est perturbée (ce qui arrive souvent chez les personnes en situation d’obésité), le cerveau n’enregistre pas correctement la sensation de “j’ai assez mangé” et en redemande constamment ;
  • La ghréline est l’hormone de la faim. Elle peut être produite en excès chez certaines personnes, rendant l’envie de manger plus forte, plus fréquente ou plus urgente.

Ce sont des phénomènes biologiques, involontaires, impossibles à contrôler.

L’insuline

L’insuline est l’hormone qui régule le taux de sucre dans le sang. La résistance à l’insuline est commune chez les personnes en situation de surpoids et d’obésité. Elle entraîne :

  • Une augmentation de la sensation de faim ;
  • Un stockage plus important des graisses ;
  • Une difficulté à perdre du poids.

Le cortisol

Le cortisol est l’hormone dite “du stress”. Lorsqu’elle est déréglée, elle a des effets directs sur le poids :

  • Augmentation de l’appétit ;
  • Envies de sucre ;
  • Stockage abdominal accru.

En période de stress, le mécanisme de grignotage et de consommation de produits sucrés peut rapidement devenir un cercle vicieux.

Les maladies hormonales

Certaines conditions médicales favorisent une prise de poids plus ou moins importante, indépendante de l’alimentation :

  • Hypothyroïdie ;
  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ;
  • Dysfonctionnements surrénaliens ;
  • Troubles du sommeil modifiant les hormones régulatrices de la faim.

Si vous pensez avoir des symptômes de troubles hormonaux (perte prise de poids inexpliquée, éruptions cutanées ou peau anormalement sèche, transpiration excessive, maux de tête et migraines, rythme cardiaque anormal, ballonnements, baisse de la libido, fatigue inexpliquée, sentiment d’irritabilité et d’anxiété, troubles du sommeil...), n’hésitez pas à en parler à un médecin. Il pourra vous prescrire, s’il le juge nécessaire, les examens et les rendez-vous nécessaires.

Raison n°3 : La dimension psychologique et émotionnelle

Si l’alimentation est initialement un besoin physiologique, elle est pour beaucoup source de plaisir. Chez certains elle est aussi un refuge, une récompense, un apaisement... Et ce, indépendamment de leur volonté. Ces réflexes se créent souvent de manière inconsciente.

Le stress, un déclencheur puissant

Manger peut devenir un moyen de calmer le stress. Ce n’est ni une faiblesse, ni un manque de discipline : c’est une stratégie naturelle du cerveau pour se protéger, se rassurer, s’apaiser.

Les répercussions de certains traumatismes

Les personnes ayant vécu des violences, négligences ou traumatismes physiques ou psychologiques dans l’enfance présentent plus de risques de développer une obésité à l’âge adulte (Source : Centre de Ressources et d’Informations Nutritionnelles). Le corps utilise parfois la nourriture comme :

  • Un régulateur émotionnel ;
  • Un moyen de réassurance ;
  • Une façon de créer une distance protectrice.

Dépression et anxiété

La dépression peut empêcher le patient de réaliser la moindre activité physique, modifier ses habitudes alimentaires ou accentuer ses compulsions. L’anxiété peut quant à elle entraîner des crises d’hyperphagie.

Ces comportements alimentaires sont souvent liés à des souffrances profondes, pas à un manque de motivation. Un accompagnement psychologique est indispensable pour se sortir de ce gouffre émotionnel.

Raison n°4 : Un monde qui favorise la prise de poids

Aliments ultra-transformés

Très caloriques, bourrés d’additifs et de sucre, conçus pour stimuler le plaisir… mais faciles d’accès et peu coûteux, les aliments ultra-transformés ne favorisent pas le rapport à une alimentation saine et équilibrée.

Sédentarité généralisée

Travail assis, réunions en visio, service de livraison, trajets en transports, heures passées derrières un écran... Nos modes de vie ont transformé notre dépense énergétique quotidienne. Nous bougeons moins, nous nous dépensons moins.

La volonté ne suffit pas

Même avec tous les efforts du monde, la volonté ne soigne pas :

  • Une résistance à l’insuline ;
  • Un dérèglement hormonal ;
  • Un traumatisme psychique ;
  • Une prédisposition génétique ;
  • Un environnement obésogène...

Il est essentiel de comprendre que sortir de l'obésité est un parcours long et difficile, qui nécessite souvent un accompagnement médical, ajusté à la réalité de chaque personne. Sur Livi, nos médecins sont formés à la prise en charge de l’obésité. Si vous souhaitez parler de votre santé avec l’un d’entre eux ou bénéficier d’un avis médical, vous pouvez prendre rendez-vous à tout moment sur notre application.

Se faire accompagner pour contrôler et gérer son poids

Parce que l’obésité est une maladie, sa prise en charge doit être globale. Elle peut inclure :

  • Un suivi nutritionnel adapté ;
  • Un accompagnement psychologique lorsque l’alimentation a une dimension

émotionnelle mais aussi pour renouer avec son corps ;

  • Un suivi médical spécialisé (endocrinologue, généraliste...).

En résumé

Dire que “l’obésité est une question de volonté” est une idée reçue qui repose sur une vision simpliste du corps humain. L’obésité est une maladie multifactorielle, influencée par :

  • La génétique ;
  • Les hormones ;
  • Le métabolisme ;
  • La psychologie ;
  • Le contexte social ;
  • L’environnement.

Personne ne “choisit” l’obésité. Décider de se faire aider, c’est déjà agir. Quelle que soit votre situation, un professionnel de santé peut vous aider. Sur Livi, vous pouvez prendre rendez-vous avec des médecins généralistes et spécialistes, quand vous le souhaitez.

partenariat-lilly

Autres articles

syndrome métabolique
Surpoids et obésité – 16 mars 2026

Syndrome métabolique : qu’est-ce que c’est ?

Les médecins sur Livi vous expliquent ce qu'est le syndrome métabolique et comment le prendre en charge

En savoir plus

Besoin de conseils et d'astuces santé ?

Une fois par semaine, recevez des informations de qualité pour prendre soin de votre santé.