Journée Mondiale de lutte contre le SIDA

Mis en ligne le : 30 nov. 2019

Le 1er décembre, chaque année, l’OMS nous invite à tous nous mobiliser contre le SIDA.

Un peu d’histoire...

La journée internationale de lutte contre le SIDA a été établie le 1er décembre 1988 par l'OMS. L’Assemblée générale de l’ONU a approuvé le droit de tenir cette manifestation chaque année. Elle fait ainsi partie des huit campagnes officielles de l'OMS en faveur de la santé publique mondiale.

“Sida”, “VIH”, quelle différence ?

Le SIDA est le “Syndrôme de l’Immuno-Déficience Acquise”. C’est une conséquence d’une infection par le VIH, à un stade avancé. Ainsi, une personne vivant avec le VIH n’a pas forcément le SIDA, qui se caractérise par des défenses immunitaires diminuées et la contraction de maladies infectieuses opportunistes. Les traitements actuels permettent d’empêcher que l’infection par le VIH n’évolue vers le SIDA.

Que permettent les traitements ?

Plus une personne découvre son statut sérologique tôt, plus elle pourra bénéficier de traitements efficaces : les antirétroviraux. Grâce à eux, une personne qui apprend sa séropositivité peu de temps après son infection pourra avoir une espérance de vie aussi longue qu’une personne séronégative.

Les antirétroviraux agissent en bloquant les étapes du cycle de multiplication du virus. Ils permettent de faire diminuer la charge virale, soit le nombre de virus circulant dans le sang, jusqu’à ce qu’il devienne “indétectable” (le virus reste présent mais à une quantité infime). Une personne porteuse du VIH sous antirétroviraux ne pourra pas contracter le SIDA ni transmettre le virus.

Pourquoi le VIH continue-t-il de se transmettre ?

Si le VIH continue de se transmettre, c’est parce que trop de personnes porteuses du virus l’ignorent et contaminent leurs partenaires faute de traitement adapté.

En 2018, en France, 29% des personnes qui ont été diagnostiquées séropositives l’ont été à un stade avancé de l’infection. Plus de la moitié des découvertes de séropositivité (52%) ont concerné des personnes déclarant n’avoir jamais été testées auparavant. Par ailleurs, le nombre de seniors (≥50 ans) ayant découvert leur séropositivité était estimé à environ 1 400, soit près du quart de l’ensemble des découvertes.

Ainsi, en France, en 2018, 172 700 personnes vivent avec le VIH : 86% connaissent leur statut, 76% sont sous traitement et 74% ont une charge virale contrôlée. Plus de 24 000 personnes seraient donc séropositives et l’ignorent.

Il s’écoule environ 3,3 ans en moyenne entre l’infection par le VIH et le diagnostic, autant de jours sans le bénéfice individuel et collectif des traitements.

Il est donc nécessaire de se faire dépister, à tout âge.

Plus particulièrement, il est recommandé à certaines personnes de se faire tester régulièrement pour le VIH :

les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (dépistage conseillé tous les 3 mois) ;

  • les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (dépistage conseillé tous les 3 mois) ;
  • les personnes originaires de zones où l'infection HIV est fréquente et notamment l'Afrique subsaharienne et les Caraïbes (dépistage annuel) ;
  • Toute personne ayant eu une prise de risque récente : risque sexuel, lié à un usage de drogue injectée ou sniffée (dépistage annuel).

Meurt-on toujours du sida ?

En 2018, dans le monde, 770 000 de personnes sont décédées de maladies liées au SIDA.

En France, pays où l’accès aux traitements contre le VIH est possible, les décès dus au SIDA ont fortement diminué. Savoir tôt que l’on est porteur du VIH permet de mettre en place une prise en charge thérapeutique précoce qui permet aux personnes séropositives de vivre aussi longtemps qu’une personne non contaminée.

Comment peut-on prévenir une contamination ?

Il existe plusieurs moyens de prévenir une contamination au VIH. Rappelons d’abord que le VIH est une infection sexuellement transmissible.

Le lait maternel, le sang, le sperme, le liquide séminal, les sécrétions vaginales et les sécrétions anales peuvent transmettre le VIH. A l’inverse, la salive, la sueur, les larmes, les vomissures ou l’urine ne peuvent le transmettre.

Le préservatif permet de prévenir à 98% tout risque de contamination au VIH (les 2% restants sont liés aux les “accidents” de préservatif).

En cas de prise de risque ou d’accident de préservatif avec un partenaire qui ne connaît pas son statut sérologique, le traitement post-exposition (TPE) est fortement recommandé. Il s’agit d’un comprimé composé de plusieurs molécules actives contre le VIH qui doit être pris pendant 28 jours. Pour que son efficacité soit optimale, il faut le débuter quelques heures après l’exposition au risque (au mieux 4 heures, au plus tard 48 heures). Le TPE est une urgence : il faut donc s'adresser aux urgences hospitalières ouvertes 24H/24 qui ont la responsabilité de le prescrire.

La PrEP s’adresse aux personnes qui n’ont pas le VIH et consiste à prendre un médicament pour éviter de se faire contaminer. Elle doit être prescrite par un médecin et nécessite un suivi. Rappelons qu’elle ne protège que du VIH mais pas des autres IST (gonorrhée, condylomes, chlamydia, hépatites A/B/C, syphilis etc.). Néanmoins, son autorisation a fait chuter le nombre de contaminations, essentiellement chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH).

Lorsqu’on est séropositif, bien prendre son traitement d’antirétroviraux permet de prévenir toute contamination au VIH. Lorsque la charge virale est indétectable depuis au moins six mois, aucune transmission du VIH n’a été observée, même lors de rapports sexuels sans préservatif (TasP pour “Treatment as Prevention” soit “traitement comme prévention”).

Enfin, le dépistage est essentiel pour prévenir toute contamination. Connaître son statut sérologique permet de savoir quel traitement prendre - en fonction de son statut sérologique et de ses pratiques - et ainsi, protéger ses partenaires sexuels. Les dépistages sont possibles dans les laboratoires gratuitement sans ordonnance à Paris et dans les Alpes-Maritimes, dans les laboratoires sur ordonnance du médecin, pouvant être délivrée par téléconsultation, dans les CeGIDD, en pharmacie par auto-test...

Pourquoi téléconsulter ?

Parce que beaucoup de personnes ne se font pas dépister régulièrement, la multiplication des canaux de dépistage peut répondre aux besoins de certains patients.

La distance physique entre le patient et le médecin peut faciliter la parole pour demander une ordonnance de dépistage et être accompagné dans ce processus.

Si c’est votre cas, n’hésitez pas à en parler, nos médecins sont formés pour vous accompagner dans cette démarche.

Téléchargez LIVI sur votre mobile ou votre tablette.

Mis en ligne le:
30 nov. 2019

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