Comment repérer les fake news et choisir des recommandations fiables

personne submergée par le flot d'informations
Mis en ligne le : 16 avr. 2020

Les informations contradictoires à propos du Covid-19 sont tellement nombreuses, que l’Organisation mondiale de la Santé parle désormais « d’infodémie ». Voici un guide simple et pratique, qui vous aidera à faire le tri.

Que ce soit à la télévision, à la radio ou dans les journaux, nous sommes quotidiennement submergés par une quantité hallucinante de données et de chiffres, mais aussi de recommandations contradictoires sur le coronavirus. Sur les réseaux sociaux, on ne compte plus le nombre de publications, vidéos et autre photos traitant du sujet.

Et si la plupart de ces informations semblent pertinentes, les experts s’inquiètent de la déferlante de fake news à laquelle nous faisons face.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirme lutter non seulement contre une pandémie, mais aussi contre une « infodémie » : une surabondance d’informations, parfois correctes, parfois non, qui rendent la tâche difficile à celles et ceux en quête de sources et de recommandations fiables.

Des imposteurs essaient même de tirer profit de la crise en attisant la peur, afin d’offrir de faux remèdes, cures et protections, tandis que les théories du complot pullulent. Les géants des réseaux sociaux que sont Facebook, Instagram et Twitter ont déjà commencé à agir. Désormais, lorsque vous chercherez des renseignements sur le COVID-19 via Facebook, votre fil d’actualité vous orientera vers l’OMS et d’autres organismes nationaux de santé publique.

Instagram affichera également de telles publications, lorsque vous mentionnerez le hashtag COVID-19. En prime, certaines affirmations mensongères, notamment celle qui indiquait que la distanciation sociale était inutile pour enrayer la propagation du virus, ont déjà été retirées. (Pour information, elle est essentielle !).

Comment faire pour traverser ce terrain miné de rumeurs et réussir à se tenir informé ?

Il y a des sources auxquelles vous pouvez vous fier:

  • L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Fondée en 1948, l’OMS est l’agence de santé publique des Nations Unies. Elle emploie plus de 7 000 collaborateurs dans 150 pays différents et son siège se trouve à Genève. L’une de ses fonctions premières consiste à aider ses 194 États membres à faire face aux urgences sanitaires, telles que le Covid-19, Ebola et d’autres épidémies infectieuses meurtrières. Elle dispose également d’une équipe qui lutte contre la propagation d’informations erronées sur les réseaux sociaux, en les remplaçant par de la documentation factuelle.

  • Le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (CEPCM) figure aussi parmi ces entités réputées, tandis que le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), organisme gouvernemental américain basé à Atlanta, lutte contre les menaces sanitaires, et particulièrement contre les maladies infectieuses.

  • Organismes de santé nationaux Chaque pays possède sa propre entité, certes plus petite, mais faisant autorité. En France, Santé Publique France est l’agence nationale de santé publique. Créée en mai 2016, sous tutelle du ministère chargé de la Santé, sa mission consiste à améliorer et protéger la santé des populations et s'articule autour de trois axes majeurs : anticiper, comprendre et agir.

5 questions qui vous aideront à repérer les fake news

  1. D’où provient-elle ? Tout d’abord, vérifiez si l’information figure sur le site web de l’un de ces organismes. A contrario, essayez de déterminer si celle-ci vous a été transférée ou provient d’une chaîne de message, n’ayant pas été directement créée par un ami.
  2. Comment commence-t-elle ? Observez attentivement les éléments de langage utilisés. Dans le cas du Covid-19, les fake news qui circulent sur WhatsApp commencent souvent par « Un ami dont l’oncle vit Wuhan » ou « Un ami dont le père travaille au Ministère de la Santé ». « On vient de me l’envoyer » peut aussi vous mettre la puce à l’oreille. L’un des ces fameux messages WhatsApp commençait ainsi, pour ensuite citer une étude de l’Université de Vienne, afin d’établir un lien entre l’ibuprofène et la hausse de la mortalité ; chose que l’université a fermement démenti.
  3. Comment est-elle rédigée ? Grammaire douteuse, fautes d’orthographe… ces éléments doivent éveiller vos soupçons : les sources fiables s’assureront toujours que leurs informations sont correctement rédigées.
  4. Vante-t-elle les mérites d’un produit ? Soyez sur vos gardes quand un expert recommande le produit d’une marque spécifique : il n’est peut-être pas totalement indépendant et agit peut-être de manière intéressée.
  5. Semble-t-elle cohérente ? L’identification des fake news n’est pas une activité passive. Vous devrez effectuer vos propres vérifications. Il existe d’excellents sites pour cela, notamment AFP Factuel, le site de fact-checking de l’Agence France Presse.

Envie d’approfondir ? Voici 5 méthodes qui vous permettront d’analyser les preuves scientifiques. Si vous avez l’esprit scientifique, vous chercherez sans doute à comprendre d’où viennent les informations que vous venez de lire.

Les informations de santé s’appuient souvent sur des recherches scientifiques, qui sont interprétées par des journalistes et des rédacteurs. Pour en savoir plus sur leurs origines, vous pouvez aller directement à la source de l’étude ou des éléments de preuve, c’est à dire généralement dans la revue scientifique où ils ont été publiés. En revanche, gardez en tête que les recherches scientifiques ne sont pas toutes conçues de la même manière. Voici quelques astuces qui vous aideront à déterminer la qualité d’une étude, en laquelle vous pouvez avoir confiance.

  1. Identifiez les principales plateformes médicales Fiez-vous aux informations diffusées par le site Santé Publique France, le site de référence en matière de santé en France, ou par la Haute Autorité de Santé, plateforme qui communique des renseignements à destination des professionnels de santé.

  2. Cherchez des essais contrôlés randomisés Le nouveau coronavirus fait actuellement l’objet de nombreuses recherches, visant à trouver des tests, traitements et autres vaccins. Pour déterminer leur pertinence, observez le type de recherche dont il s’agit : l’essai contrôlé randomisé (ECR) en double aveugle constitue la norme d’excellence. Il consiste à choisir de manière aléatoire les participants et à les répartir entre un groupe actif, dans lequel le médicament ou complément à l’étude sera administré, et un groupe témoin, où l’on donnera un placebo ou un traitement existant. L’essai en double aveugle signifie que ni les docteurs ni les patients n’ont connaissance du groupe dans lequel ils se trouvent.

  3. S’agit-il d’une recherche indépendante ou financée de manière privée ? Demandez-vous qui réalise l’étude : est-ce le fabricant du médicament, ou s’agit-il d'une étude indépendante.

  4. Cherchez des méta-analyses Le terme peut sembler confus, mais il n’en est rien. Une méta-analyse correspond à l’observation d’un vaste corpus de recherches sur un sujet précis, en vue d’en tirer des conclusions.

Si ça a l’air trop beau pour être vrai, vérifiez. On entend beaucoup dire qu’il est nécessaire de tester, tester et encore tester. Mais pour nous protéger, nous devons vérifier, vérifier et toujours vérifier. « Depuis le mois de janvier, la communauté du fact-checking travaille d’arrache-pied, nuit et jour, afin de signaler les fausses informations sur le nouveau coronavirus », affirme Cristina Tardáguila, directrice associée du réseau international de fact-checking IFCN. Désormais, vous pouvez en faire de même.

Qu’est-ce que je dois faire ?

  • Chercher dans des revues scientifiques des études portant sur un grand nombre d’individus.
  • Chercher des confirmations sur des sites de fact-checking, tels qu’AFP Factuel, le site de fact-checking de l’Agence France Presse.
  • Être attentif aux éléments de langage. Si une publication commence par « Un ami ? », provient d’une chaîne de messages ou vous a été transférée : elle n’est certainement pas fiable.
  • Être attentif aux erreurs de grammaire et aux fautes d’orthographe : les sources fiables seront toujours soigneusement rédigées.

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Mis en ligne le:
16 avr. 2020